NBA : jackpot pour Rudy Gobert, nouveau sportif français le mieux payé de l'histoire

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Le joueur de basket français Rudy Gobert, élu à deux reprises meilleur défenseur de la NBA, a signé un contrat de 205 millions de dollars sur 5 ans avec son équipe du Utah Jazz, selon l'annonce de ESPN, dimanche.

Cinq ans de plus au Utah Jazz, pour 205 millions de dollars (167,2 millions d’euros) : non content d'avoir décroché le 3e plus gros contrat de la NBA, le pivot Rudy Gobert s'apprête à devenir le sportif français le mieux payé de l'histoire.

Cette somme vertigineuse a été rapportée par ESPN, dimanche 20 décembre, juste avant que Gobert, désormais lié au Jazz jusqu'en 2026, sa cinquième année étant en option, ne confirme la nouvelle sur Twitter.

"C'est un jour spécial pour moi et ma famille (…). Je suis ici pour rester, je suis ici pour gagner", a écrit l'international français, désigné meilleur défenseur de la ligue nord-américaine en 2018 et 2019, dans une lettre adressée aux supporters d'Utah, son équipe depuis 2013.

Ses émoluments prenant effet à compter de la saison 2021/2022, il supplantera le trio de footballeurs Kylian Mbappé (Paris SG), Paul Pogba (Manchester United), Antoine Griezmann (FC Barcelone), au rang actuel des sportifs français les mieux rétribués. Et ce sur son seul contrat sportif, quand les revenus de ses compatriotes recensés par Forbes incluent le sponsoring.

En attendant, le voilà à 28 ans sur le podium des basketteurs ayant signé les plus gros contrats avec une franchise NBA, derrière le double MVP Giannis Antetokounmpo qui vient de prolonger avec Milwaukee pour 228 millions de dollars (186 millions d'euros) et le meneur All-Star Russell Westbrook, qui avait signé en 2017 un bail supplémentaire avec Oklahoma City pour 206,8 millions (168 millions d'euros).

"Cela montre qu'on croit en moi"

Comme eux, Rudy Gobert, qui reste sur une saison à 15,1 points, 13,5 rebonds, 2,0 contres et 1,5 passe de moyenne, n'a pas encore gagné de titre, contrairement à Anthony Davis qui vient lui aussi de prolonger avec Los Angeles pour un peu moins, 190 millions de dollars (155 millions d'euros), après avoir largement contribué au 17e sacre des Lakers en octobre.

Cette différence de traitement n'a pas manqué de surprendre sur les réseaux sociaux où Evan Fournier, son ami de l'équipe de France qui évolue à Orlando, l'a félicité avec humour en postant une vidéo d'un homme plongeant dans une mare de dollars.

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"Cela montre qu'on croit en moi", a réagi Rudy Gobert sur ESPN. "Le Jazz croit en ce que nous construisons depuis plusieurs années, avec l'entraîneur (Quin Snyder) et tous les gars. C'est très motivant de savoir que nous partageons tous la même vision, le même objectif."

"Rudy est un joueur spécial, qui rend tout le monde meilleur sur un terrain", s'est pour sa part félicité Ryan Smith, le nouveau propriétaire de la franchise établie à Salt Lake City.

C'est donc sur la meilleure note possible que Gobert s'apprête à boucler 2020, une année où il est passé par toutes les émotions. À peine quelques semaines après avoir eu l'honneur d'une première sélection au All-Star Game, un de ses objectifs personnels, il est devenu le premier joueur à contracter le Covid-19, ce qui a contraint la NBA à interrompre le championnat le 11 mars.

Image écornée après une mauvaise blague

Son image a été écornée par son attitude lors d'une conférence de presse tenue deux jours plus tôt où, négligent, il avait cru bon, pour rire, de toucher les micros des journalistes présents. Son avenir au Jazz suscitait alors certains doutes, mais il s'est excusé par la suite et a même dû se rabibocher avec l'autre star de l'équipe, Donovan Mitchell, qui lui a reproché de lui avoir transmis le virus.

Comme un symbole, "Gobzilla" a rouvert la saison lors du tout premier match dans la bulle de Disney World cet été. Mais le Jazz, malgré d'excellentes performances conjuguées de ses deux meilleurs joueurs, a été éliminé dès le premier tour des play-offs par Denver (4-3).

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Depuis l'arrivée en 2013 du Français formé à Cholet, la franchise n'a d'ailleurs jamais dépassé le deuxième tour des play-offs (défaite en 2017 contre Golden State 4-0 et en 2018 contre Houston 4-1). À trois jours de débuter la nouvelle saison régulière avec la réception de Portland, passer ce cap apparaît, plus que jamais, comme une obligation pour justifier la confiance placée en lui. Une pression qu'il devra gérer.

"Ces sept dernières années, vous m'avez vu à travers les bons moments, la difficulté et les erreurs aussi. Toujours, vous m'avez soutenu et adopté comme l'un des vôtres. Pour cela, je serai toujours reconnaissant (...) Je suis là sur la durée, pour GAGNER un titre avec vous Utah. Allons le chercher", propose Rudy Gobert dans son communiqué publié sur Twitter.

Avec AFP