Nawal el Saadawi, la grande féministe arabe, est morte trahie

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La plus grande féministe égyptienne et arabe vient de mourir à 90 ans. Tout ce pour quoi elle s’est battue est aujourd’hui trahi par les néo-féministes.

La face cachée d’Eve : c’était le premier livre, publié aux Éditions des femmes en 1983, sur lequel on se précipitait à l’époque pour en savoir plus sur la vraie vie des femmes dans le monde arabe. Signé Nawal el Saadawi, ce texte vibrant, documenté et autobiographique, constituait un implacable acte d’accusation contre les lois de soumission imposées aux filles d’Eve sur les bords du Nil. L’auteur, à qui on n’avait pas encore ajouté dans l’édition et la presse le " e " de la bonne conscience égalitaro- typographique, y recensait tous les combats à mener.Elle était contre, Nawal. Contre le voile, contre la polygamie, contre l’excision que les différentialistes oseront, ici, déguiser en coutume. Elle était contre l’invisibilité, la vraie : celle qu’assigne le tissu à un sexe forcément coupable jusqu’à la racine des cheveux. Contre le droit coranique évidemment qu’une majorité de jeunes Français musulmans, à en croire un récent sondage, estime aujourd’hui supérieur au droit civil de la République. Bête noire des islamistesMédecin, Nawal avait déjà beaucoup publié avant d’être découverte par les lecteurs français. Son ouvrage La femme et le sexe, en 1972, vite interdit au Caire, et ses prises de position lui valurent d’être virée du ministère de la Santé et embastillée pour avoir bafoué " les valeurs qui s’opposent au...

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