Navalny dit être victime de torture par privation de sommeil

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NAVALNY DIT ÊTRE VICTIME DE TORTURE PAR PRIVATION DE SOMMEIL

MOSCOU (Reuters) - Alexeï Navalny dit être privé de sommeil par les gardiens de sa prison, une pratique qu'il assimile à de la torture, selon une déclaration transmise jeudi à ses avocats.

L'opposant à Vladimir Poutine déclare avoir demandé à l'administration pénitentiaire russe la visite d'un médecin civil en raison d'importantes douleurs mais que cette requête a été rejetée.

L'un de ses avocats avait auparavant déclaré qu'il souffrait de problèmes de santé depuis plusieurs semaines en prison.

L'administration pénitentiaire a quant à elle jugé que l'état de santé d'Alexeï Navalny, âgé de 44 ans, était "stable et satisfaisant", au lendemain des inquiétudes déjà exprimées par ses partisans selon lesquels il souffre d'un mal de dos et d'engourdissements dans une jambe l'empêchant de se tenir debout.

L'épouse de l'opposant, Yulia Navalnaya, a réclamé jeudi sa libération immédiate afin de permettre sa prise en charge par des médecins de confiance.

Elle a estimé dans une publication sur Instagram que son mari était la cible d'une revanche personnelle en raison de son activisme.

"Maintenant, nous sommes vraiment inquiets", a écrit sur Twitter la Fondation anticorruption d'Alexeï Navalny. "Même l'administration pénitentiaire fédérale ne peut pas qualifier la condition de Navalny de bonne."

Alexeï Navalny a été condamné le mois dernier à deux ans et demi de prison pour des accusations qu'il qualifie de fictives. Il a été arrêté en janvier à son retour d'Allemagne où il a été soigné après son empoisonnement via un agent neurotoxique en août en Russie.

Les ministres des Affaires étrangères des trois républiques baltes - Estonie, Lettonie, Lituanie - ont demandé jeudi à la Russie d'accorder des soins médicaux à Alexeï Navalny "aussi vite que possible".

"Informations troublantes sur l'état de santé de Navalny. L'accès à des soins est un droit fondamental, y compris pour les prisonniers politiques", ont-ils déclaré sur Twitter.

Le Kremlin déclare qu'il ne surveille pas l'état de santé de l'opposant, tâche qui incombe dit-il à l'administration pénitentiaire.

(Anton Kolodiajni, avec Anton Zverev et Andrew Osborn; Version française Bertrand Boucey et Myriam Rivet, édité par Nicolas Delame)