Naufrage du Breiz: prison avec sursis requise notamment contre le capitaine de la SNSM

Un volontaire de la SNSM à Saint-Vaast-la-Hougue (Manche), le 11 mars 2023 (Lou BENOIST)
Un volontaire de la SNSM à Saint-Vaast-la-Hougue (Manche), le 11 mars 2023 (Lou BENOIST)

Douze mois de prison avec sursis et deux ans d'interdiction de naviguer ont été requis jeudi au Havre à l'encontre du capitaine de la SNSM jugé avec quatre autres personnes dans le procès du naufrage du chalutier Breiz.

Ce capitaine de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), un bénévole de l'association qui intervient en cas de sinistre maritime, est jugé pour négligence et faux dans un document de bord.

La nuit du 14 janvier 2021, le patron du Breiz avait appelé les secours pour une avarie de barre lors d'une pêche à la coquille Saint-Jacques au large de Port-en-Bessin (Calvados). Remorqué par un canot de la SNSM de Ouistreham, le navire avait sombré en pleine nuit pendant l'opération, entraînant la mort des trois marins.

Le naufrage du coquillier pendant son remorquage avait coûté la vie au patron, Quentin Varin, et à deux matelots, les frères Jimmy et Steven Gibert, âgés de 19 à 27 ans.

"C'est le jeu de la patate chaude, chacun fuit ses responsabilités", a estimé devant le tribunal maritime le procureur de la République du Havre, Bruno Dieudonné, pour qui "il s'agit d'une chaîne où chacun a failli à sa mission".

Six mois d'emprisonnement avec sursis ont par ailleurs été requis par M. Dieudonné à l'encontre du coarmateur du navire pour qui "seule la rentabilité compte", a affirmé le procureur.

A l'encontre d'un expert maritime, que "la logique économique a conduit à fermer les yeux" selon le magistrat, ont été demandés six mois d'emprisonnement avec sursis et une amende de 30.000 euros pour sa société. Cet expert avait rendu un rapport sur le bateau peu avant le drame.

Le procureur a en outre demandé une "peine de principe" pour les deux agents de la DDTM (Direction Départementale des territoires et de la Mer) jugés par le tribunal maritime, comme l'expert et l'armateur, pour homicides involontaires.

L'avocat des parents et de la soeur des deux frères disparus, François Zimeray a déclaré pendant sa plaidoirie qu'il s'agissait du "procès de l'à peu près, où chacun fait son travail mais ne va pas jusqu'au bout". "Dans cet espace entre l'à peu près et le jusqu'au bout, il y a la mort" a-t-il conclu.

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