Naufrage à Calais: la classe politique dénonce "l'horreur" du drame

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Sur la plage de Wimereux, à une trentaine de kilomètres de Calais le 24 novembre 2021, les effets personnels de migrants et des gilets de sauvetage. (Photo: Gonzalo Fuentes via Reuters)
Sur la plage de Wimereux, à une trentaine de kilomètres de Calais le 24 novembre 2021, les effets personnels de migrants et des gilets de sauvetage. (Photo: Gonzalo Fuentes via Reuters)

POLITIQUE - À l’unisson, la classe politique française a dénoncé “le drame”, la “tragédie” après la mort de plus d’une vingtaine de migrants au large de Calais, alors qu’ils tentaient de traverser la Manche pour rejoindre l’Angleterre sur une embarcation de fortune. Au-delà de l’émotion, deux visions s’affrontent.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a été le premier à communiquer sur le terrible naufrage. Après avoir fait part de sa “forte émotion”, il a dénoncé le “caractère criminel des passeurs qui organisent ces traversées.” Un thème repris par le Premier ministre Jean Castex et d’autres représentants de la majorité, mais aussi par plusieurs personnalités de droite, dont le président de la région Hauts-de-France et candidat à l’élection présidentielle, Xavier Bertrand, ou son rival à la primaire LR, Eric Ciotti.

“Pour mettre un terme à ces drames, il faut encore renforcer les moyens pour briser les réseaux de passeurs, ces criminels qui exploitent la misère”, a tweeté le premier. Tandis que le second dénonçait la “responsabilité écrasante” des “passeurs et leurs complices”, en profitant pour appeler à “stopper” l’“immigration massive irrégulière”.

L’insistance sur les passeurs est loin d’être surprenante chez Les Républicains, d’autant plus dans un contexte de campagne présidentielle. Lors de leurs trois débats, le thème de l’immigration a été omniprésent, au point de leur valoir un avertissement du président du parti Christian Jacob. Sur ce point pourtant, les débats tournent en boucle, puisque tous les candidats à l’investiture sont plus ou moins d’accord.

Même son de cloche au RN, où Marine Le Pen a fustigé les “réseaux de passeurs” dont “la traite d’êtres humains entraîne des drames”.

“Agir humainement”

En revanche, le ton était tout autre à gauche de l’échiquier politique. Que ce soit chez Fabien Roussel, candidat du PCF à la présidentielle, ou Adrien Quatennens, député Insoumis numéro 2 du parti et comme lui élu du Nord, c’est la dimension inhumaine du traitement des personnes en situation d’immigration qui est soulignée.

“De l’urgence de retrouver la raison et l’humanité dans les débats sur l’immigration. Traiter les causes des déplacements et agir humainement”, a souligné Adrien Quatennens, qui réclame une “une voie de migration légale vers le Royaume-Uni, que les personnes exilées ne soient plus abandonnées aux mains des passeurs.”

“La France n’est plus elle-même quand elle n’agit pas pour la fraternité et des réponses humaines”, a regretté Fabien Roussel.

Sans revenir sur les causes, le candidat EELV Yannick Jadot a lui fait part de “son soutien aux proches des victimes et aux rescapés du naufrage”, saluant aussi l’action des secouristes.

La situation à Calais et dans les villes proches du littoral n’a fait que se dégrader depuis le début de l’année: selon le préfet maritime de la Manche et du Nord, le nombre de tentatives de traversées illégales à bord d’embarcations inappropriées a doublé en trois mois.

Sur place, les associations humanitaires ne cessent d’alerter le gouvernement, et certains n’hésitent pas à se mettre en grève de la faim. Le médiateur envoyé par l’exécutif début novembre a fait chou blanc: sa proposition de mise à l’abri temporaire s’est heurtée à l’opposition de la maire LR de la ville Natacha Bouchart. Face à cet échec, Emmanuel Macron a annoncé dans un entretien à La Voix du Nord que des “solutions nouvelles” seraient annoncées par “plusieurs ministres” dans “les prochaines semaines”. Elles sont plus que jamais attendues, à la lumière du drame le plus meurtrier depuis 2018.

À voir également sur Le HuffPost: Marine Le Pen fait un retour offensif sur l’immigration, voici pourquoi

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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