«Les Naufragés», galère à vif

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En adaptant l’essai de Patrick Declerck sur le quotidien des SDF, Emmanuel Meirieu illumine les Nuits de Fourvière.

Si un site symbolise les Nuits de Fourvière, qui ont désamarré le 1er juin une édition 2018 aussi dense qu’à l’accoutumée (lire ci-contre), c’est bien celui du théâtre antique. Chaque soir ou presque, le public afflue ainsi sur les hauteurs de Lyon, où les imposants vestiges archéologiques font une cure de jouvence, souvent à base de décibels, à l’instar du concert de LCD Soundsystem, mardi, sous une pluie battante.

Clapotis. Une fois n’est pas coutume, il faut néanmoins filer à l’autre bout de la préfecture du Rhône, dans le quartier de Gerland, pour débusquer cette année un des spectacles du festival qui feront date. En préparant ses Naufragés, coproduit avec la Comédie Odéon, le metteur en scène Emmanuel Meirieu, qui souhaitait un hors les murs, est tombé sur la Halle Debourg. Un vaste hangar sans cachet particulier qui, autrefois, avait servi de gare de triage et d’entrepôt où les pompiers stockaient leurs camions de collection. Aussi, le dock décati ressuscite-t-il ces soirs-ci, sous la forme d’un «théâtre» aux volumes suffisamment extraordinaires pour y avoir fait rentrer 205 tonnes de sable importé des bords de Saône et réparti sous forme de monticules. Plus un vieux gréement de 1955 - offert par un habitant de la Drôme -, rafiot déchu qui, sans cette reconversion aussi tardive qu’inattendue en élément de décor, allait finir ses jours en bois de chauffage. Et même l’inexorable clapotis des vagues que l’on voit lécher la plage, souillée par des immondices - canettes vides, chaise, diable, carcasse de voiture.

La cadre planté tel quel, et rehaussé par un non moins formidable et méticuleux travail (signé Emmanuel Meirieu et Seymour Laval) sur les lumières et la vidéo - qui va annexer aussi bien les parois de l’édifice que les voiles blanches du bateau -, il émane de l’antre une atmosphère spectrale d’échouage aussi explicite que le titre de l’œuvre, (...)

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