Le naturopathe Éric Gandon mis en examen avec son fils

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Éric Gandon proposait des stages sans surveillance médicale durant lesquels les personnes devaient jeûner plusieurs jours.

FAIT DIVERS - Un homme de 58 ans se présentant comme « naturopathe » et son fils ont été mis en examen jeudi 13 janvier après plusieurs décès survenus à la suite de jeûnes prolongés qu’ils avaient organisés lors de « cures hydriques », a annoncé le parquet de Tours.

Éric Gandon a été mis jeudi en examen des chefs d’homicide involontaire, abus de faiblesse, mise en danger de la vie d’autrui et exercice illégal des professions de médecin et pharmacien pour des faits survenus de juillet 2020 à janvier 2023. Il a été écroué.

Son fils âgé de 25 ans, qui participait à l’organisation des stages et à la promotion des méthodes de son père via une chaîne YouTube, a quant à lui été mis en examen des chefs d’exercice illégal des professions de médecin et pharmacien. Il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer toute activité en lien avec le jeûne et la naturopathie.

Plusieurs jours sans manger et sans surveillance médicale

Les stages proposés par Éric Gandon moyennant « plusieurs centaines, voire milliers d’euros » consistaient « à ne pas absorber d’aliments solides durant une à plusieurs semaines sans qu’aucun suivi médical ne soit assuré ni prévu », explique dans un communiqué le procureur de la République de Tours, Grégoire Dulin. Il ajoute que les deux personnes contestent l’intégralité des faits.

Lors d’un de ces stages, organisé dans un château à Noyant-de-Touraine (Indre-et-Loire) une femme de 44 ans avait trouvé la mort le 12 août 2021, déclenchant l’enquête.

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Malgré le décès de sa stagiaire, Éric Gandon avait poursuivi les stages en cours, amenant la préfecture à prendre quelques jours plus tard un arrêté d’interdiction de ces cures et séjours sur la commune. Une information judiciaire avait rapidement été ouverte à Tours et a permis d’identifier quatre autres victimes, dont deux décédées depuis.

Une plainte concerne un homme âgé d’une soixantaine d’années, mort le 18 juillet 2020, un mois après avoir participé à un stage organisé en Vendée alors qu’il souffrait d’un cancer en phase terminale. Une autre est liée au décès, le 15 mars 2022, d’une jeune femme ayant suivi des formations organisées par Éric Gandon l’année précédente alors qu’elle souffrait d’un cancer du foie et était en rupture de traitement, détaille le procureur.

Deux autres plaintes émanent de participantes au stage organisé à l’été 2021.

Malgré les décès et les mesures administratives, « Éric Gandon avait poursuivi l’organisation de stages de jeûne et la promotion de ses méthodes, qui n’apparaissaient reconnues ou avalisées par aucune institution publique ou autorité médicale », souligne le communiqué du parquet de Tours.

VIDÉO - Décès après des jeûnes prolongés: un naturopathe et son fils mis en examen

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