Les Nations unies appellent à coordonner la vaccination contre le Covid-19

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En réunion ce 17 février, le conseil de sécurité des Nations unies a averti des dangers des inégalités d’accès entre pays riches et pauvres.

Avec notre correspondante à New York, Loubna Anaki

Il s'agit d'un appel à l’unité lancé ce 17 février par le conseil de sécurité de l’ONU. Invité à s’exprimer en début de réunion, le secrétaire général Antonio Guterres a dénoncé les différences entre les pays pour accéder au vaccin. Selon lui, 75% de tous les vaccins Covid-19 ont été administrés dans dix pays seulement, alors que 130 autres pays n’ont toujours rien reçu.

« Les progrès dans la vaccination ont été très inégaux et injustes, a-t-il déclaré. Nous devons garantir que tout le monde puisse être vacciné au plus vite ». Antonio Guterres a notamment appelé les pays à soutenir Covax, dispositif mis en place justement pour assurer l’accès équitable au vaccin. Les États-Unis ont promis de verser 200 millions de dollars à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avant la fin du mois.

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Vaccination dans les zones de conflit

Le Royaume-Uni qui préside le Conseil de sécurité en ce moment demande également que les populations dans les zones de conflit puissent être vaccinées : 160 millions de personnes selon l’ambassadeur britannique à l’ONU. Dominique Raab a annoncé le dépôt d’un projet de résolution pour un cessez-le-feu temporaire dans les zones de conflit.

Le docteur Seth Berkley dirige Gavi, l’Alliance du vaccin, une organisation qui a pour but d’aider les pays pauvres à accéder aux vaccins, est intervenu lors de la réunion pour plaider pour un changement de stratégie dans l’accès aux vaccins contre le Covid-19. « Si on continue avec des négociations bilatérales et des pays en compétitions les uns avec les autres pour l’accès au vaccin, les prix vont augmenter et les pays pauvres ne pourront pas accéder aux vaccins, déplore-t-il. Et si le virus circule beaucoup dans ces pays. On risque de voir apparaître de nouveaux variants. Donc il est important que les vaccins soient disponibles partout. Ce n’est pas qu’une question humanitaire. C’est dans l’intérêt de tous les pays parce que si on finit avec des variants qui peuvent réinfecter les personnes qui ont déjà été malades ou qui ne sont plus sensibles aux vaccins, on va se retrouver avec à nouveau une crise économique et une nouvelle pandémie. Les études montrent que l’accès inégalitaire aux vaccins coûtera 1,2 billion de dollars à l’économie mondiale en terme de PIB ».

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