Nathalie du Pasquier fondue dans le décor

Libération.fr

Membre du groupe de designers Memphis dans les années 80, l’artiste est exposée au Consortium à Dijon, où elle propose une installation d’objets foisonnante et assume la qualité décorative de son œuvre.

Repêchée par le milieu de l’art qui la découvre et l’expose après vingt ans de peinture secrètement exécutée entre les quatre murs de son atelier milanais dans une bienheureuse routine, Nathalie du Pasquier, née en 1957, est sortie du bois il y a quatre ans seulement, à la faveur d’une pige pour une marque de prêt-à-porter américaine. L’objet de la commande ne porte pas sur le travail pictural, mais sur des imprimés textiles. Dans le panier, Du Pasquier ajoute un petit clip où les modèles se dandinent sur fond de dessins totémiques aux couleurs électriques et sur une bande-son pop-rock qu’elle avait enregistrée en 1980. De la mode et des arts appliqués au white cube, la marche est d’ordinaire trop haute… De fait, c’est aussi son passé de designer au sein du groupe culte Memphis qui vaut à l’artiste un «relatif retour à la mode» - dont elle se méfie d’ailleurs. Depuis sa rétrospective, non exhaustive, à la Kunsthalle de Vienne, fin 2016, se sont enchaînés un show londonien au Camden Arts Centre, un autre à la Loge, à Bruxelles, et celui-ci, au Consortium de Dijon. Pour lequel l’artiste estima que ses tableaux avaient déjà été assez vus, qu’il était temps de faire sans et autrement : point de tableaux donc, mais à la place un wall painting à la palette sourde (vert olive, amande, gris éléphant), une longue coursive, des sculptures posées sur des socles ou sur des étagères, le tout semblant esquisser l’aménagement d’une scène, d’un décor avec accessoires, lever de rideau, une des cimaises pouvant coulisser et ouvrir la salle sur la cour intérieure du Consortium. Soit un petit théâtre d’objets en quête de personnages pour les manipuler ou d’un scénario pour dévoiler leur énigmatique fonction. La beauté de l’installation se tient dans ce mutisme foisonnant. Et de cette (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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