Nashville: l'ex-petite amie de l'auteur de l'explosion avait alerté la police il y a plus d'un an

Robin Verner
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Les enquêteurs perquisitionnant le domicile d'Anthony Warner à Nashville.  - Terry Wyatt / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images
Les enquêteurs perquisitionnant le domicile d'Anthony Warner à Nashville. - Terry Wyatt / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images

La petite amie d'Anthony Quinn Warner, identifié comme l'artificier de l'explosion d'un camping-car à Nashville, dans le Tennessee, le 25 décembre dernier, avait dans le passé indiqué aux policiers qu'il concevait des bombes dans son véhicule. C'est ce qui ressort d'un rapport de police dressé en août 2019, plus d'un an donc avant la déflagration dans laquelle Anthony Warner, 63 ans, a perdu la vie faisant par ailleurs trois blessés.

Ce document a été évoqué ce mercredi par John Drake, chef de la police de Nashville. Celui-ci a défendu l'action de ses hommes alors qu'il apparaît que le signalement n'avait donné lieu qu'à une enquête vite avortée.

"Je pense que les agents ont fait tout ce qu'ils pouvaient légalement. Peut-être qu'ils auraient pu suivre l'affaire davantage... Après, avec un regard rétrospectif on a toujours 20 sur 20", a-t-il lâché assurant qu'à part une interpellation liée à une possession de marijuana en 1978, Anthony Warner avait un casier judiciaire "nickel".

Le cri d'alerte de Pamela Perry

Le rapport de police, dont le récit a été relayé ici par l'agence Associated Press, raconte ainsi que les policiers sont intervenus chez une certaine Pamela Perry, le 21 août 2019. Son avocat les avait appelés: sa cliente promettait de se suicider, assise sous son porche, avec des armes à feu. Sur place, les policiers découvrent que les chargeurs des deux pistolets en question sont vides. La femme âgée de 62 ans affirme qu'ils appartiennent à "Tony Warner" et qu'elle n'en veut pas chez elle.

"Durant cette visite, et avant de partir pour un examen d'évaluation psychologique, Pamela Perry a dit aux policiers que son copain fabriquait des bombes dans un camping-car", retranscrit alors le rapport. Les policiers se rendent aussitôt au domicile d'Anthony Warner. Ils ne le verront jamais. L'homme ne répond pas à la porte et ils n'ont aucun mandat pour pénétrer dans son logement sans son invitation. Le camping-car se trouve par ailleurs dans un jardin clôturé et, à cette distance, il est impossible d'en scruter l'intérieur.

"Ils n'ont trouvé aucune preuve pointant en direction d'un crime et n'avaient aucun droit à entrer dans sa maison ou dans une propriété enclose", a lancé John Drake mercredi devant la presse, concédant: "Il aurait été bon que nous ayons davantage d'éléments en main".

Des témoignages troublants

Dans le dossier, dont John Drake dit avoir appris l'existence dimanche soir, soit deux jours après l'explosion, on trouve les dépositions de Raymond Throckmorton, un avocat ayant représenté Anthony Warner, ainsi que sa compagne.

Il déclare notamment que son client "parle beaucoup de l'armée et de la fabrication des bombes, il sait ce qu'il fait et sait faire des bombes". Ce mardi, le même homme a glissé que Pamela Perry craignait pour sa sécurité en raison du comportement d'Anthony Warner.

L'enquête a permis de collecter d'autres témoignages concernant la personnalité de l'auteur de l'explosion de Nashville. Certains prennent même un tour troublant. Ainsi, des témoins affirment qu'il croyait à la réalité des "reptiliens", une théorie complètement irrationnelle selon laquelle des reptiles prendraient forme humaine pour contrôler le monde en sous-main.

La piste de la 5G

Le bureau local du FBI a quant à lui affirmé cette semaine que Anthony Warner était passé "sous les radars". Pourtant, comme AP le souligne, la police lui a envoyé son rapport dès le lendemain de son déplacement chez Anthony Warner, afin de savoir s'il existait un lien quelconque entre ce dernier et l'armée. Le FBI répondant peu après qu'il n'en existait pas, les policiers s'en sont tenus là.

En attendant, les motivations ayant poussé Anthony Quinn Warner à son crime demeurent inconnues. la police explore cependant la piste d'un acte suscité par l'hostilité du suspect envers la 5G.

Article original publié sur BFMTV.com