La Nasa lance une mission spatiale digne du film "Armageddon"

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ESPACE - C’est une mission de “défense planétaire”. La Nasa envoie dans l’espace un vaisseau à bord d’une Falcon 9 de SpaceX le 24 novembre. L’engin spatial s’écrasera volontairement à la surface d’un astéroïde dans un peu moins d’un an afin de dévier sa trajectoire, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus.

But de l’opération? Préparer l’humanité en cas la de menace d’impact d’un astéroïde à l’avenir. Le scénario fait penser à celui du film Armageddon”, dans lequel Bruce Willis et Ben Affleck sauvent la planète d’un énorme astéroïde fonçant vers la Terre.

Mais c’est une expérience bien réelle, à 330 millions de dollars, que l’agence spatiale américaine mène ici. Bien qu’aucun gros astéroïde connu ne soit actuellement sur une trajectoire de collision, il s’agit de se préparer à cette éventualité. “Nous ne voulons pas nous retrouver dans une position où un astéroïde se dirigerait vers la Terre, et où nous devrions tester cette technique” pour la première fois, a expliqué Lindley Johnson, du département de Défense planétaire de la Nasa.

La mission, baptisée DART (fléchette en anglais et acronyme de “Double Asteroid Redirection Test”), décollera depuis la Californie à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX le 24 novembre vers 7h20, heure française.

Vous pouvez suivre le lancement en direct dans la vidéo ci-dessous.

“Un petit coup”

Dix mois plus tard, le vaisseau frappera sa cible, alors située à onze millions de kilomètres de la Terre. En réalité, cette cible est double: d’abord un gros astéroïde, Didymos, qui mesure 780 mètres de diamètre, soit près de 8 terrains de foot. La seconde, en orbite autour de lui, une lune, Dimorphos, de 160 mètres de diamètre, un terrain de foot et demi. C’est sur cette lune que le vaisseau, environ cent fois plus petit qu’elle, viendra finir sa course, projeté à 24.000 km/h.

Mais “cela ne va pas détruire l’astéroïde, cela va juste lui donner un petit coup”, a détaillé Nancy Chabot, du laboratoire de physique appliquée de l’université Johns Hopkins, qui conduit la mission en partenariat avec la Nasa.

L'astéroïde Dimorphos comparé au Colisée de Rome (Photo: ESA)
L'astéroïde Dimorphos comparé au Colisée de Rome (Photo: ESA)

Ainsi, l’orbite du petit astéroïde autour du gros sera réduite de seulement “environ 1%”, a-t-elle expliqué. Grâce aux observations réalisées par des télescopes sur la Terre depuis des décennies, on sait que Dimorphos fait actuellement le tour de Didymos en 11 heures et 55 minutes exactement.

À l’aide de ces mêmes télescopes, cette période sera de nouveau mesurée après la collision. Elle sera alors peut-être “de 11 heures et 45 minutes, ou quelque chose comme ça”, a dit la chercheuse.

De combien exactement? Les scientifiques ne le savent pas, et c’est justement ce qu’ils veulent découvrir. De nombreux facteurs entrent en jeu, dont l’angle d’impact, l’aspect de la surface de l’astéroïde, sa composition ou encore sa masse exacte, inconnus jusqu’ici.

De cette façon, “si un jour un astéroïde est découvert sur une trajectoire de collision avec la Terre (...) nous aurons une idée de la force dont nous aurons besoin pour que cet astéroïde manque la Terre”, a expliqué Andy Cheng, de l’université Johns Hopkins. L’orbite autour du Soleil de Didymos, le gros astéroïde, sera également légèrement modifiée, du fait de la relation gravitationnelle avec sa lune. Mais ce changement est “trop petit pour être mesuré. Donc c’est une expérience très sûre”, a-t-il affirmé.

Observer l’impact

Un petit satellite fera également le voyage. Il sera lâché par le vaisseau principal dix jours avant l’impact, et utilisera son système de propulsion pour dévier légèrement sa propre trajectoire. Trois minutes après la collision, il survolera Dimorphos, afin d’observer l’effet du choc, et possiblement le cratère à la surface.

Si le test est concluant, “nous pensons que cette technique pourra faire partie d’une boîte à outils, que nous commençons à remplir, de manière à dévier un astéroïde”, a expliqué Lindley Johnson. Il a par exemple cité des méthodes qui pourraient utiliser la force gravitationnelle d’un vaisseau volant proche d’un astéroïde durant une longue période, ou bien l’utilisation de laser.

Mais il a rappelé que la clé était d’abord d’identifier les menaces potentielles. “La stratégie est de trouver ces objets non seulement des années, mais des décennies avant tout danger de collision avec la Terre”, a-t-il souligné.

Environ 27.000 astéroïdes proches de la planète bleue sont connus à l’heure actuelle. L’astéroïde Bennu, qui mesure 500 mètres de diamètre, est l’un des deux astéroïdes identifiés de notre système solaire posant le plus de risque pour la Terre, selon la Nasa. Mais d’ici 2300, le risque d’une collision n’est que de 0,057%.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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