«Narkopop», un Gas naturel

Libération.fr

Dix-sept ans après le précédent, le nouvel album de Wolfgang Voigt nous transporte de brumes sylvestres en vertiges contemplatifs.

D’instinct, on ferait remonter les racines de Gas à l’année 1974 et à Morgenspaziergang, épilogue du fameux Autobahn qui décrivait une balade bucolique dans la nature allemande au petit matin. Entre Düsseldorf, ville dont Kraftwerk demeure le groupe le plus célèbre, et Cologne, fief tranquille de Wolfgang Voigt et Kompakt, le label que ce dernier a cofondé en 1998, il n’y a guère que 39 kilomètres. Surtout, il y a des forêts germaniques typiques, semblables à celles dans lesquelles Siegfried erre, l’âme en peine, dans l’opéra du même nom de Wagner, et qui servent de trait d’union paradoxal entre ces deux monuments - l’un évidemment moins distingué que l’autre - de la musique électronique allemande.

Innovateur parmi les plus prolifiques de la techno dite «minimale» de son pays (tous pseudonymes confondus, sa discographie approche les 200 références), Wolfgang Voigt a particulièrement frappé les esprits avec ce projet, né au milieu des années 90, dont il a souvent raconté qu’il lui avait été inspiré par un trip au LSD dans l’humidité sylvestre de la Königsforst, à quelques kilomètres de Cologne. Exprimant la volonté de «faire rentrer la forêt dans la techno, et vice versa», l’Allemand a déblayé un territoire très onirique de la musique électronique, qui s’écoute à mi-chemin d’une dance music débarrassée de la nécessité de faire danser et d’un ambient qui aurait oublié d’être discret.

Riche de quatre albums et de deux maxis remarquables de cohérence sortis entre 1996 et 2000, la discographie de Gas est pourtant loin d’être monotone. Parfois empreinte d’un panthéisme tout mahlerien (Oktember ou le bien titré Pop, en 1999 et 2000), d’autres fois plus funèbre (Königsforst, en 1998), voire lourde et déliquescente (le sommet Zauberberg, publié en 1997 et titré d’après le grand roman philosophique de Thomas Mann), la musique de Gas n’a qu’une (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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