Narcotrafic : « Notre plus grand danger pour l’unité nationale », alerte Gérald Darmanin

« Nécessaire sursaut »

Dans sa question, le sénateur socialiste de la Saône-et-Loire réclame un « nécessaire sursaut pour sortir du piège du narcotrafic ». « Vous réitérez ce matin votre volonté d’attaquer le fléau par le bas. Nous pensons au contraire qu’il faut frapper les réseaux au portefeuille et à la tête. Allez-vous répondre à l’appel unanime du Sénat ? », apostrophe l’élu.

De son côté, le locataire de la place Beauvau alerte sur ce qui est « notre plus grand danger pour l’unité nationale ». » La première cause de mortalité aux USA est le Fantanyl. Aux Pays-Bas et en Belgique, on assassine des journalistes et des avocats, en Amérique du Sud, la production a été multipliée par 100 », énumère le ministre de l’Intérieur. Pour ce dernier, la lutte contre le bas du spectre n’empêche pas également de s’attaquer aux têtes de réseaux : « Personne ne doute que l’argent du crime doit être confisqué et que nous devons faire 100 fois plus que nous faisons collectivement », défend-il.

35 recommandations au cœur du rapport de la commission d’enquête

Des propos qui semblent ne pas avoir convaincu Jérôme Durain, qui l’a directement fait savoir dans sa réponse à Gérald Darmanin : « Nous ne sommes pas au niveau de la menace », tance-t-il, jugeant que la bataille est menée « en ordre dispersé ». « Il est temps que le gouvernement se saisisse de nos propositions », demande-t-il.

Divisé en trois tomes et 35 recommandations, le rapport de la commission d’enquête prévoit un « traitement de choc », afin de prémunir la France de basculer dans un narco-Etat. Parmi les mesures phares du rapport, les élus préconisent la création d’un parquet national antistupéfiants. « Ce nouveau parquet permettra de spécialiser les acteurs de la lutte qui traitent de sujets particulièrement techniques en procédure pénale, de faire émerger un interlocuteur visible pour l’ensemble de la sphère judiciaire et de fluidifier les liens entre l’autorité judiciaire et les services d’enquête », expliquait Jérôme Durain, dans sa conférence de presse, tenue hier avec le rapporteur du texte, Etienne Blanc. La commission d’enquête souhaite également renforcer l’Office national antistupéfiants (Ofast), en lui attribuant « une véritable position d’animation du réseau des services répressifs », sur le modèle de la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine. En outre, elle propose ainsi que toute « offre d’emploi » liée au trafic et publiée sur un réseau social accessible aux mineurs soit considérée comme une provocation d’un mineur au trafic de stupéfiants et donc passible de sept ans de prison.