A Nantes, des livreurs manifestent contre l'interdiction des scooters thermiques dans les aires piétonnes

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Plusieurs dizaines de livreurs ont manifesté vendredi pour dénoncer les conditions de travail définies par les plateformes qui les embauchent ainsi qu'un arrêté municipal interdisant les scooters dans les aires piétonnes pour limiter les nuisances sonores, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les livreurs, dont plusieurs ont affirmé qu'ils seront en grève durant le week-end, se sont rassemblés dans le centre-ville sans leurs scooters mais en arborant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: "Nous voulons travailler dignement!", "La mairie et les plateformes nous exploitent" ou encore "Le bruit? On le subit aussi!!!".

"On n'a pas le droit de livrer dans les rues piétonnes, ça veut dire tout le centre-ville. Ils nous ont donné des points où on peut garer nos scooters (...), sauf que le restaurant le plus près il est à 150 mètres, ceux qui sont loin, c'est à 300 mètres. Vous imaginez?", a déploré Nasreddine, 40 ans.

"Et surtout, si on prend une livraison en dehors du centre-ville, et si on doit livrer dans le centre-ville, on doit la livrer à pied", a poursuivi ce livreur qui travaille depuis 4 ans et affirme que plusieurs livreurs ont déjà écopé d'amendes de 135 euros.

Depuis la signature de l'arrêté municipal lundi, les livreurs de repas à domicile en scooter à moteur thermique ne sont plus autorisés à circuler que de 07H30 à 11H30 dans les aires piétonnes, tandis que ceux à moteur électrique peuvent circuler toute la journée, de 06H00 à 02H00.

La décision de "la mairie, c'était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", a estimé Xey, un livreur de 25 ans, selon qui "les plateformes se font beaucoup de profit sur notre dos et sur le dos des restaurateurs aussi".

"Les nuisances sonores, c'est nous les premiers qui subissons ça, on est à longueur de journée sur un scooter", a-t-il poursuivi, alors que l'interdiction a été prise au vu "des nombreuses plaintes et doléances de riverains et commerçants pour les nuisances occasionnées par les activités de livraisons", selon l'arrêté municipal.

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