En Namibie, au royaume du diamant

Photo Sophie Squillace

Nous filons à proximité de la région interdite du Sperrgebiet, connue pour abriter les plus grands gisements de diamants au monde. C’est dire si l’endroit est convoité. Et curieux. Les villes et les campements portent des noms germaniques hérités de la colonisation. Les rares arrêts au bord des routes désertes, pour remettre de l’essence ou se ravitailler dans des boutiques, sont toujours cocasses. On rencontre Katrin, qui a ouvert avec son mari une distillerie, fabriquant du gin aromatisé avec une plante du désert, ou de la grappa, la “napa”, à base d’une espèce de raisin originaire de la région de Cognac, en France, mais qui pousse à côté de chez eux.

À chaque pause dans une épicerie ou une station-service, les fruits et les légumes sont des biens rares. Bien plus précieux à mes yeux que les diamants qui ont fait la renommée de la région. Le pays vit avant tout de ses ressources minières, dont l’extraction se déroule désormais sous l’eau, tant les ressources terrestres ont déjà été exploitées.

Avec seulement trois habitants au km2, on ne croise pas foule sur les pistes. Sur cet immense territoire de seulement 2,5 millions d’habitants, on fait des rencontres grâce à nos motos avec d’autres voyageurs, le plus souvent des Sud-Africains en vacances, parfois des Français ou des Allemands suréquipés pour l’aventure namibienne. Tous sont très étonnés de nous voir sur nos petites bécanes en route pour un si long périple.

C’est vrai que les distances sont énormes. Il ne faut pas vouloir en faire trop, simplement avancer au gré de nos envies. Un tour de roue après l’autre. On se met parfois à lorgner sur leur confort et leur beau Land Rover. Puis, une fois le nez au vent, on se rappelle instantanément que rien ne vaut la solitude au guidon, l’air qui fouette le visage et l’environnement qui nous pénètre sans filtres.

Plus on progresse vers la côte, plus on a l’impression d’être comme dans le cockpit d’un avion, comme si l’on planait au-dessus des terres désertiques et désolées. C’est le terrain des fameuses mines de diamant. On a l’impression de vivre la fin du monde dans un environnement relativement hostile avant que l’apparition d’une petite ville ne vienne nous rassurer. Quel contraste entre le désert et l’aridité d’un côté, les blocs rocheux et les champs de sable rocailleux de l’autre ! Et l’océan Atlantique au bout de la route.

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