"Je n'ai pas eu l'oral parce que je m’appelle Youssef", les difficultés des élèves issus de milieux modestes pour accéder aux grandes carrières

Alain Gastal
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L'ascenseur social en France fonctionne moins bien qu'il y a 50 ans, c'est le constat fait par Emmanuel Macron à Nantes jeudi 11 février au cours d'un déplacement sur le thème de l'égalité des chances. L'accès aux carrières de la fonction publique est pourtant conditionné à un concours, censé garantir l'égalité entre tous, mais les enfants de familles privilégiées trustent la plupart des meilleurs places. La proportion d'enfants d'ouvriers est ainsi toujours dérisoire à l'ENA malgré la création d'un concours ouvert aux non-diplômés et la création d'une préparation intégrée ouverte aux enfants de familles modestes.

Des oraux parfois déstabilisants

Pour réussir les concours, il faut des capacités, du travail, mais également avoir les bons codes. C'est ce qu'a réalisé Youssef Badr, fils d'immigrés qui a grandi dans le Val-d'Oise, lors de son premier échec au concours de l'École nationale de la magistrature. "Les épreuves écrites se sont toujours bien passées, j'avais des bonnes notes, j'avais vraiment beaucoup travaillé relate-t-il à France Inter. Les oraux, ça a été plus compliqué, notamment le grand oral. Le premier a été un naufrage total."

Devenu magistrat, et notamment porte-parole du ministère de la Justice de 2017 à 2019, Youssef Badr était ressorti "dévasté" de cet oral. "On m'a demandé de citer des peintres pompiers. J'ai regardé les membres du jury avec des yeux ronds en me disant 'de quoi ils parlent?' En plus, c'était public donc vous prenez une humiliation (...)

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