Nager dans l’eau froide permettrait de lutter contre la démence

Johanna Amselem
·2 min de lecture
woman looking nervous about cold water ice swimming in Sweden
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Des scientifiques anglais assurent que la protéine RBM3 pourrait être utilisée pour ralentir l'apparition de la démence.

Selon les conclusions d’une nouvelle étude anglaise, plonger dans l’eau froide aiderait le cerveau à se défendre contre la démence et d'autres maladies dégénératives. Dans le cadre de cette recherche, les scientifiques ont surveillé des nageurs et ont évalué la présence à des niveaux élevés de la protéine RBM3 dans leur circulation sanguine, comme le rapporte le Daily Mail.

Ce composé est également produit par des mammifères lors de leur hibernation, il déclenche la destruction et la repousse des synapses. Leur perte provoque un déclin des fonctions cognitives, conduisant à des signes révélateurs de la maladie comme des difficultés de concentration et de la confusion. Lorsque les animaux hibernent, la protéine déclenche l'élimination de 20 à 30% de leurs synapses. Mais au printemps, il active la repousse miraculeuse de ces liens au fur et à mesure que les animaux remuent. De précédentes études réalisées chez des souris atteintes de démence ont montré que la protéine pouvait aider à retarder l'apparition de maladies dégénératives du cerveau.

Attention aux effets de l’hypothermie

Des scientifiques de l'Université anglaise de Cambridge affirment qu’un médicament capable de déclencher la production de cette protéine pourrait ainsi prévenir l'apparition de la démence. Cette étude a rendu des humains hypothermiques afin de constater s’ils produisaient la protéine en question. Les nageurs ont été testés pendant les hivers 2016, 2017 et 2018, aux côtés de membres d'un club de taï-chi. L'équipe a trouvé des niveaux élevés de cette protéine chez les nageurs. Le professeur Giovanna Mallucci, qui a dirigé la recherche, a déclaré à la BBC que les résultats prouvaient que les humains, tout comme les animaux en hibernation, peuvent produire cette protéine. À ceux qui voudraient se baigner dans de l’eau froide, elle avertit que cette immersion n'est certainement pas un traitement possible de la démence car les risques de chute des températures pourraient largement l'emporter sur les avantages. En effet, l'hypothermie peut entraîner l'arrêt des organes vitaux et un rythme cardiaque irrégulier, mettant ainsi les personnes atteintes en danger de mort.

Pour l’avenir, elle souhaite maintenant que la recherche élabore un médicament capable de déclencher la production de cette protéine. “Si vous ralentissiez la progression de la démence de quelques années seulement sur toute une population, cela aurait un impact énorme sur les plans économique et sanitaire”. Ces conclusions ont été publiées dans la revue Nature.

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