"On n'a rien inventé" : les enquêteurs de l'affaire de Viry-Châtillon répondent aux accusations

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Les policiers ayant mené l'enquête sur l'agression de fonctionnaires à Viry-Châtillon en 2016 sont pointés du doigt, accusés d'avoir conduit des investigations faussées et à charge.

"On n'a rien inventé." Accusés d'avoir tronqué des procès-verbaux et fait pression sur des suspects lors de l'enquête sur l'attaque de policiers brûlés à Viry-Châtillon en 2016, les fonctionnaires de la sûreté départementale de l'Essonne se défendent ce lundi dans les colonnes du Parisien. C'est lors du procès en première instance des treize accusés que "le décalage entre leurs déclarations et la retranscription par les enquêteurs" est apparu, affirmait en avril à l'AFP Me Sarah Mauger-Poliak, avocate de plusieurs d'entre eux. 

Elle estime, avec d'autres conseils, que les policiers ont rédigé les procès-verbaux "en modifiant le sens des déclarations, en éludant les protestations d'innocence, un grand nombre des explications circonstanciées et sans acter les demandes de vérification des éléments prouvant l'absence d'implication" de leurs clients.

"On est professionnels"

"Ce qu’ils ont dit a été écrit. On n’a rien inventé, pas dit l’inverse de ce que disait untel ou untel. Les mis en cause ont relu et signé leurs déclarations. La plupart les ont confirmées devant le juge d’instruction", conteste l'un des enquêteurs surnommé Laurent par nos confrères.

Les trois policiers qui ont accepté de livrer leur version des faits insistent par ailleurs sur la rigueur avec laquelle, selon eux, leur enquête a été menée durant un an et demi. Ils ont épluché plus de 4000 procès-verbaux, rendu visite à près de 1500 logements à la recherche de témoins de l’agression sauvage, envoyé à l'analyse "40 à 50 scellés" autour de l’incendie. 

Les policiers de la sûreté départementale ont également obtenu des renseignements pointant du doigt "la bande - ou plutôt le gang, car ses membres trafiquaient, volaient - qui rassemblait une vingtaine de personnes". "Dont les treize qui ont été jugés", expliquent-ils, convaincus d'avoir ciblé les bonnes personnes.

"On aurait travaillé de la même façon s’ils (les victimes, NDLR) n’étaient pas policiers. On est professionnels, on sait travailler sans charge émotionnelle", affirme une enquêtrice.

"Un interrogatoire, c’est une pression!"  

Les mis en cause, contre lesquels des plaintes pour "faux en écriture publique" et "violences" ont été déposées, se défendent également d'avoir malmené les suspects des attaques de Viry-Châtillon lors de leurs gardes à vue. 

"Un interrogatoire, c’est une pression! On n’interroge pas un criminel potentiel en lui offrant le thé. Les suspects de crimes ne vous racontent pas leur vie spontanément. Ces jeunes ont toujours eu affaire à la police, ont des avocats depuis leur plus tendre enfance, n’ont pas peur de nous. Vous vous doutez bien qu’on ne va pas prendre pour argent comptant la première réponse."

Certains qu'aucune bâvure n'a été commise, les trois agents interrogés affirment que les plaintes déposées contre eux vont "faire pschitt, on est sereins".  

Huit acquittés sur les treize accusés

Le 18 avril dernier, au terme de six semaines de procès en appel à huis clos, la cour d'assises des mineurs de Paris a déclaré cinq des treize accusés coupables de tentative de meurtre sur des policiers à Viry-Châtillon. Trois d'entre eux, condamnés à 18 ans de réclusion, se sont pourvus en cassation.  

Huit ont été acquittés, certains au bénéfice du "doute", d'autres pour "faute de preuves", suscitant l'indignation des syndicats de policiers et d'une partie de la classe politique. Les critiques contre les enquêteurs ayant mené les investigations ont alors ressurgi, faisant réagir le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, qui a pris leur défense, s'étonnant que ces accusations surviennent cinq ans après les faits. 

Article original publié sur BFMTV.com

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