"On n'a pas le choix": selon Larcher, il faut faire une réforme des retraites pour "l'intérêt de notre pays"

Gérard Larcher sur BFMTV-RMC le 5 janvier 2023   - BFMTV
Gérard Larcher sur BFMTV-RMC le 5 janvier 2023 - BFMTV

Ce n'est pas un secret: les sénateurs du parti Les Républicains sont pour une réforme des retraites. Gérard Larcher, membre de cette formation politique et président du Sénat, l'a réaffirmé sur BFMTV-RMC ce jeudi. "Depuis quatre ans, le Sénat, chaque année dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), vote un dispositif de réforme des retraites", a rappelé le deuxième personnage de l'État.

Alors que l'exécutif doit présenter un projet de loi aux Français le 10 janvier prochain - avec, notamment, le report de l'âge légal à 64 ou 65 ans - les sénateurs LR sont favorables à un "passage progressif de 62 ans à 64 ans", ainsi qu'à une "accélération" de la réforme Tourraine, comme l'a expliqué Gérard Larcher. Pour ce dernier point, il s'agit d'exiger 43 années de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein dès la génération 1967 au lieu de 1973.

"Intérêt de notre pays"

Les sénateurs LR demandent également une "attention particulière aux carrières longues, aux carrières hachées des femmes, la pénibilité et la formation professionnelle des seniors".

Selon le patron du Palais du Luxembourg, une réforme va dans "l'intérêt de notre pays". Néanmoins, "il faut faire un effort de pédagogie avec les Français qui, naturellement, ne sont pas favorables à une réforme des retraites." Et de poursuivre:

"Il faut leur expliquer qu’on n’a pas le choix, si ce n’est d’augmenter les cotisations, donc de peser sur le pouvoir d’achat et la compétitivité, de baisser les retraites, et vous voyez la conséquence sur le pouvoir d’achat, ou d’augmenter globalement le temps travaillé".

Un climat social reflétant "l'absence de dialogue"

Gérard Larcher pointe la responsabilité du gouvernement dans le climat social. Selon lui, celui-ci est "le reflet de l'absence de dialogue social". Il en veut pour preuve le décret datant du 23 décembre sur l'assurance-chômage, qui devait réduire la durée d'indemnisation de 40% si le chômage devait passer sous les 6% - mais dont Élisabeth Borne a finalement annoncé le retrait ce lundi. Initialement, le projet de loi du gouvernement prévoyait une baisse de 25% de la durée d'indemnisation quand le chômage est inférieur à 9%.

Gérard Larcher reconnaît que les sénateurs LR étaient favorables à "cette idée de modulation" du chômage selon la conjoncture économique comprise dans la réforme de l'exécutif, mais ce décret est une "forme de duperie" selon lui à l'égard des "partenaires sociaux" et des "parlementaires".

"Je rappelle que c’est le Parlement qui vote la loi, ce n’est pas le gouvernement et que les décrets doivent répondre à ce qui a été la volonté des parlementaires", martèle-t-il.

Les députés LR n'ont pas encore trouvé de position commune

Malgré le soutien quasi-assuré du Sénat à majorité LR sur la réforme des retraites, la messe n'est pas dite dans l'autre chambre. Les députés du groupe présidé par Olivier Marleix n'ont pas encore accordé leurs violons. Ce dernier a expliqué qu'il ne "soutiendr[ait] pas" une réforme prévoyant l'allongement de l'âge légal de départ à 65 ans.

Éric Ciotti, nouveau président de LR, a, lui, dans les colonnes du Figaro, affirmé que "les Républicains [étaient favorables] à une réforme des retraites", après avoir rencontré Élisabeth Borne le 21 décembre dernier. Il n'a pas donné de précisions sur les modalités, mais s'est dit "en phase" avec celles proposées par le Sénat.

Un projet que "la famille LR a présenté depuis longtemps"

Reste Aurélien Pradié, qui a fait campagne contre un report de l'âge légal durant le congrès LR, et a reçu lors de cette période électorale le soutien de plusieurs députés du groupe comme Pierre-Henri Dumont ou Raphaël Schellenberger.

A ceux qui pourraient montrer leurs réticences, Gérard Larcher a rappelé que la réforme des retraites est "un projet que la famille LR a présenté depuis longtemps", notamment lors des campagnes présidentielles de Valérie Pécresse et François Fillon.

Suffisant pour parvenir à un alliage de la majorité avec la droite? "Oui si le gouvernement écoute aussi les propositions de nos collègues députés", juge le président du Sénat.

Article original publié sur BFMTV.com