"On n’avait pas envie de faire 'Pattaya'!": les Bodin’s en Thaïlande pour une comédie survoltée

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Détail de l'affiche de la comédie
Détail de l'affiche de la comédie

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Les Bodin's en Thaïlande sera-t-il le succès surprise de cet automne? Après avoir vendu plus de 1,5 million de tickets de leur dernier spectacle et réuni plus de 5 millions de téléspectateurs sur M6 en 2018, Les Bodin’s sont de retour au cinéma. Ils ont déjà séduit plus de 50.000 spectateurs lors des avant-premières de leur nouvelle comédie, qui voit le pleutre Christian (Jean-Christian Fraiscinet) et sa mère autoritaire Maria (Vincent Dubois) s'envoler pour le royaume de Siam. Objectif: soigner la dépression du vieux garçon.

En salles ce mercredi 17 novembre, Les Bodin's en Thaïlande revient de loin. "On devait tourner sur place en mars 2020, mais au bout de dix jours on a été rapatrié à cause de la pandémie", raconte à BFMTV Jean-Christian Fraiscinet. "On ne savait pas quand on pourrait y retourner, ni si on allait pouvoir continuer le tournage. Il y a eu beaucoup de négociations entre la production et les autorités. Du fait qu’on avait commencé le tournage, on a pu le continuer six mois plus tard, en octobre et novembre. On en a profité pour retravailler le scénario."

A rebours des suites de comédies françaises à succès, qui se tournent souvent aux Etats-Unis (Les Tuche 2: Le Rêve américain, Nous York), les Bodin s'envolent pour la Thaïlande. "On a fait huit spectacles et deux films, mais on a toujours laissé nos personnages en autarcie, chez eux, dans la ferme", rappelle Vincent Dubois. "Avec Jean-Christian, on voulait depuis longtemps envoyer nos personnages rencontrer une autre culture, pour voir comment ils s’en sortiraient avec leur bon sens terrien."

"Le bouddhisme rejoint le bon sens des Bodin"

Avant la Thaïlande, le duo avait envisagé d'envoyer Christian et Maria sur le continent africain. C'est leur producteur, qui a des attaches en Thaïlande, qui leur a suggéré de délocaliser le film en Asie. Ils ont aussitôt été séduits par ce pays où se côtoient technologie de pointe et villages ancestraux, souligne Vincent Dubois: "On n’avait pas envie de faire Pattaya [de Franck Gastambide, ndlr] ! On voulait que les Bodin se confrontent sur le terrain avec les problèmes qui existent là-bas, comme la prostitution."

https://www.youtube.com/embed/gIyTUSAfVW8?rel=0"On traite un peu des clichés dans la première partie du film, mais après, très vite, on les emmène dans le cœur de Bangkok, puis dans un petit village où ils vont retrouver des personnes qui leur ressemblent. Le bouddhisme rejoint un peu le bon sens des Bodin. On connaît bien un pays quand on va rencontrer les vrais gens", commente Jean-Christian Fraiscinet.

Les équipes thaïlandaises ont été déconcertées par ce duo grimé en paysans du terroir français. "Les premiers jours, ils n’avaient pas calculé qu'on était les acteurs du film! Quand le soir on enlevait nos costumes, ils nous disaient, 'mais tu étais où dans la journée?'", se souvient Jean-Christian Fraiscinet. "Ils se sont attachés à Maria comme à leurs anciens, même s'ils savaient qu'elle était jouée par un homme. Ils venaient m’aider comme une vieille dame!", complète Vincent Dubois.

"On a tourné notre premier film en six jours"

Avec son budget de 7 millions d'euros (la pandémie a rallongé l'ardoise de 1,5 million), Les Bodin's en Thaïlande marque une nouvelle étape dans leur carrière. Le duo a donc mis toutes les chances de son côté pour produire une aventure qui ne trahit pas l'esprit de ses spectacles. Le souvenir de l’échec cuisant du film de Shirley et Dino, Cabaret Paradis (2006), après le carton de la captation DVD de leur spectacle, est bien présent dans leur esprit.

"Il y a vraiment un pas à franchir quand on fait du cinéma", note Jean-Christian Fraiscinet. "On s'en est méfié quand on a commencé à écrire pour le cinéma. Nos précédents films ont été faits avec beaucoup moins de moyens. On a tourné notre premier film en six jours, avec une caméra à l’épaule et un preneur de son!" Un pari réussi: sorti en 2008, Mariage chez les Bodin's a réuni près de 120.000 spectateurs, devenant ainsi le deuxième film le plus rentable de l'année derrière Bienvenue chez les Ch'tis.

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Pour Les Bodin's en Thaïlande, Jean-Christian Fraiscinet et Vincent Dubois ont mis leur destin entre les mains d'un vétéran de la comédie d'aventures, Frédéric Forestier, rompu à l'exercice depuis Le Boulet et Astérix aux Jeux Olympiques. "À un moment, il faut faire confiance aux gens du métier", explique Vincent Dubois.

"Le théâtre, c’est vraiment très différent du cinéma", ajoute-t-il. "Quand t’as écrit trente ans pour le théâtre, ton écriture est modelée par cette expérience. S’il n’y a pas quelqu’un qui connaît bien le cinéma pour t’aider, la transition peut être difficile. Ça nous faisait peur au début de s’en remettre à quelqu’un d’autre, mais ça nous finalement aidé. Frédéric est arrivé sans connaître les Bodin’s. Ça nous a plu, car il a pu apporter au projet son propre style."

"La presse parisienne, ce n’est pas un souci"

Pour la première fois de leur carrière, Jean-Christian Fraiscinet et Vincent Dubois ont tourné des courses poursuites, réglées comme dans un véritable film d'action. Frédéric Forestier a filmé le duo comme ils ne l'avaient jamais été, à grand renfort de gros plans: "Pour dégager de l’émotion, c'était nécessaire", insiste Jean-Christian Fraiscinet. "On a dû retravailler le maquillage de Maria. Avec des personnages aussi caricaturaux, il fallait que l'on soit très juste et très sincère dans notre jeu", ajoute Vincent Dubois.

Adulés en province, Les Bodin's restent méprisés par la critique parisienne. Ils s'en moquent, assure Vincent Dubois: "La presse parisienne, ce n’est pas un souci. Avec Jean-Christian, on fait ce métier pour faire plaisir au plus grand nombre. Il se trouve que dès que l'on veut faire de la comédie populaire en France, c'est perçu négativement. Pour nous, ça n'est pas péjoratif. En trente ans de métier, on a croisé plein de gens qui voulaient nous faire faire le contraire de ce qu’on était. On n'a jamais cédé!"

En attendant de fêter en 2024 ses trente ans de carrière, le duo prépare pour l'année prochaine une grande émission pour M6. Puis il continuera de naviguer entre cinéma et théâtre. "Dans quel ordre, on ne sait pas", indique toutefois Jean-Christian Fraiscinet. "On attend de voir la sortie du film pour prendre notre décision. Notre grand souci est de ne pas se trahir et de prendre du temps pour bien faire les choses. On n’aime pas faire les choses à l’arrache."

Article original publié sur BFMTV.com

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