N’ayez pas pitié de moi: si je mange seule, c’est par choix

Sophie Gallagher
Cute mixed race woman in pink striped dress sitting in a cafe, drinking lemonade and reading book.

“Une table pour une personne? Quelqu’un va vous rejoindre?” Réserver une table pour moi seule ne manque pas de provoquer l’étonnement, tant de la part du serveur qui laisse négligemment deux cartes sur la table (au cas où) que des autres clients, qui supposent – avec un regard navré – qu’on m’a posé un lapin ou que je traverse une crise existentielle ne pouvant être surmontée que par une orgie de pâtes et de profiteroles.

En fait, je veux juste passer un moment seule, ce que je choisis de faire de façon assez régulière, notamment à l’occasion du récent déplacement professionnel de mon conjoint. Ce week-end-là, mes amis étaient en vacances, de mariage ou occupés à Dieu sait quelle autre activité estivale. J’aurais pu éplucher mon répertoire à la recherche de compagnie mais, sincèrement, je n’en ai pas eu envie.

J’ai préféré me diriger vers la piscine la plus proche, où j’ai passé des heures à lire, écouter de la musique et espionner les conversations alentour. Une fois repue de soleil, j’ai pris un brunch et fait du lèche-vitrine. J’ai passé une journée merveilleuse, avec ou sans compagnie.

Tout le monde n’a évidemment pas le luxe de choisir la solitude et nombreux sont ceux qui la subissent: en Angleterre, 5% des adultes disent se sentir “souvent” ou “toujours” seuls (les femmes et les jeunes étant particulièrement affectés). Sans compter ceux qui, pour cause de maladie, handicap ou perte d’un être cher, passent de longues périodes sans le moindre contact humain.

Mais pour ceux d’entre nous qui passent leurs journées entourés de collègues au bureau, leurs soirées et week-ends en compagnie de leur famille, amis et conjoint, et qui sont constamment sur WhatApp, les réseaux sociaux et leur boîte mail, c’est un plaisir rare.

Du temps pour soi permet non seulement d’accomplir des choses qu’on ne trouve jamais le temps de faire – lire le livre que l’on trimbale partout depuis trois mois, écouter le podcast qu’on nous a conseillé en 2017 – mais aussi de s’adonner aux...

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