«Il n’est pas à exclure qu’un missile russe puisse frapper la Pologne»: Andrzej Byrt, ex-vice ministre polonais des Affaires étrangères

AP - Michal Dyjuk

Un accident « malheureux » pour la Pologne et l'Otan qui écartent finalement la thèse d'un missile russe : pour Varsovie comme pour les pays occidentaux, l'explosion qui a fait deux morts mardi soir 15 novembre en territoire polonais a été probablement provoquée par un missile anti-aérien ukrainien. Pas de risque, pour le moment du moins, d'escalade militaire entre les pays de l'Otan et la Russie. Mais en Pologne, ce scénario reste dans tous les esprits. Entretien avec Andrzej Byrt, ancien vice-ministre polonais des Affaires étrangères, et ancien ambassadeur en France et en Allemagne.

RFI : La thèse d’un missile russe est écartée, mais craignez-vous cependant qu’un incident de ce type puisse se produire à l’avenir, étant donné l’ampleur des bombardements russes en Ukraine ?

Andrzej Byrt : Il n’est pas à exclure qu’un missile russe puisse malheureusement atterrir en Pologne, surtout quand on observe les dernières frappes de missiles de croisière russes. Les Russes ne disposent pas d’outils de grande précision en ce qui concerne les frappes à longue distance, et il se peut qu'un jour un missile russe frappe la Pologne, sans que ce soit intentionnel.

L'Otan insiste sur le fait qu’à ses yeux l’Ukraine n’est pas responsable de ce tir, même si c’est un de ses missiles qui a touché le territoire polonais. Partagez-vous cette opinion ?

Pour nous il est clair que l’Ukraine n’est pas responsable. Tout le monde en Pologne le sait : l'Ukraine se défend et elle a le droit de le faire. Ce sont les Russes qui ont agressé l'Ukraine.

La Pologne a été dès le début du conflit un soutien inconditionnel de l'Ukraine. Est-ce que ce soutien est aussi fort aujourd'hui ?


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