Nîmes: ouverture d'une enquête pour "meurtre en bande organisée"

Un badge de la police sur une veste (illustration) - Geoffroy Van der Hasselt / AFP
Un badge de la police sur une veste (illustration) - Geoffroy Van der Hasselt / AFP

Une enquête pour "meurtre en bande organisée" a été ouverte après qu'un homme a été abattu mercredi dans un quartier de Nîmes connu pour abriter des points de vente de stupéfiants et déjà théâtre de règlements de comptes, a annoncé jeudi le parquet.

Les services du commissariat de police de Nîmes se sont rendus mercredi soir dans le quartier paupérisé de Pissevin, dans la périphérie de Nîmes, "suite à des appels signalant des coups de feu et la présence d'un homme à terre", a indiqué dans un communiqué la procureure de la République de Nîmes, Cécile Gensac.

"Un homme de 39 ans était découvert sur les lieux (...), inanimé derrière un véhicule. Son décès était rapidement déclaré par le médecin du SAMU", a ajouté Cécile Gensac.

"J'ai entendu des coups de feu vers 22h45. J'ai regardé par la fenêtre et j'ai vu un mec à terre", avait auparavant confié à un correspondant un habitant du quartier, après avoir requis l'anonymat pour des raisons de sécurité. "Les premières constatations, témoignages et éléments retrouvés sur place laissent penser que la victime avait succombé à des tirs par arme à feu", a précisé la procureure.

Plusieurs règlements de comptes ces dernières années

"Une enquête judiciaire en flagrant délit a été ouverte du chef de meurtre en bande organisée" et confiée à la police judiciaire de Nîmes, a-t-elle poursuivi, en précisant que la victime était "défavorablement connue des services de police et de justice pour des faits d'atteintes aux biens et aux personnes et de trafic de stupéfiants".

Selon l'ancien procureur de Nîmes, Eric Maurel, une vingtaine de règlements de comptes liés au narcobanditisme avaient endeuillé la ville de Nîmes en 2020 et 2021, faisant respectivement huit morts et trois morts sur ces deux années, dont un adolescent de 17 ans.

La plupart de ces assassinats ont eu lieu dans les quartiers de Pissevin, du Chemin Bas et du Mas de Mingue, trois secteurs périphériques de Nîmes constitués de barres d'immeubles et de tours.

Créés dans les années 1960 pour loger des populations issues de l'exode rural, des rapatriés d'Afrique du Nord puis des travailleurs immigrés, ces quartiers partagent des indicateurs socio-économiques alarmants avec un taux de pauvreté atteignant jusqu'à 70% et un chômage massif.

Article original publié sur BFMTV.com