"Pour moi, ce n'était pas possible": la mère du quintuple meurtrier de Douvres témoigne sur BFMTV

Félicité Lambot, mère du quintuple meurtrier de Douvres, raconte comment elle a appris le drame, dans lequel elle a perdu deux enfants, le 28 août 2022 - BFMTV
Félicité Lambot, mère du quintuple meurtrier de Douvres, raconte comment elle a appris le drame, dans lequel elle a perdu deux enfants, le 28 août 2022 - BFMTV

La mère de l'auteur du quintuple meurtre familial survenu en juillet dernier à Douvres, dans l'Ain, témoigne sur BFMTV ce dimanche, quelques semaines après la tuerie réalisée par son fils Matthieu, ensuite abattu par les forces de l'ordre, et dans laquelle elle a aussi perdu sa fille. "J'ai hurlé" en apprenant la nouvelle, lâche-t-elle.

C'est par un simple texto que Félicité Lambot apprend l'horreur. "Bonsoir, je les ai tués", lui envoie son fils Matthieu par texto. "Pour moi, ce n'était pas possible", confie-t-elle.

Le jeune homme de 20 ans a tué son père, sa belle-mère, sa soeur de 17 ans, la fille de sa belle-mère de 14 ans et son demi-frère de 5 ans. Il se retranche ensuite avec un fusil et un sabre japonais, avant d'être neutralisé par le GIGN.

Une photo de sa fille tuée envoyée par téléphone

La mère de Matthieu confie être d'abord dans le déni lorsque son fils lui annonce ce qu'il a fait dans un premier message. "Qu'est-ce que tu n'as pas compris, je les tués", insiste-t-il lors de l'appel téléphonique qui s'en suit.

Puis vient l'horreur. Le jeune homme transmet à sa mère une photo de sa soeur Margot qu'il a égorgé. "J'ai hurlé", lâche Félicité Lambot.

Si depuis, les gendarmes ont réquisitionné le téléphone pour les besoins de l'enquête, elle reconnaît ne pas parvenir à "effacer" l'image de son esprit.

Un jeune homme avec un "gros mal-être"

Sur la personnalité de son fils, Félicité Lambot décrit un jeune homme souffrant d'une "gros mal-être" et qui ne "trouvait pas sa place", notamment dans la famille recomposée de son père. Elle évoque notamment une jalousie envers le petit Elliott, 5 ans.

"Il y avait de la violence entre (Matthieu et son père)", assure Félicité Lambot.

Elle se souvient par ailleurs avoir été une fois "menacée avec (un) couteau" par son fils. Après cet épisode, elle assure avoir demandé qu'il soit accompagné et dit avoir "signé un papier pour qu'on l'interne d'office".

"La sidération"

Face à ce drame, l'avocat de la mère de Matthieu estime que les raisons du geste du jeune homme resteront toujours mystérieuses.

"On est tous dans la sidération. (...) Le seul qui aurait pu donner une réponse c'est (Matthieu)", estime-t-il.

Il réclame aujourd'hui que sa cliente puisse se porter partie civile, et qu'elle ait notamment accès aux résultats des autopsies, afin "qu'elle puisse faire son deuil".

Félicité Lambot évoque aujourd'hui avec émotion le souvenir de sa fille Margot, 17 ans, tuée dans le drame. C'était une "très belle fille, intelligente, super gentille avec tout le monde" et qui aimait les mangas, le théâtre et le chant, se souvient sa mère.

Article original publié sur BFMTV.com