"Ce n'était pas un dealer": le témoignage de la tante de l'adolescent de 14 ans tué à Marseille

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Tante de l'adolescent tué à Marseille - BFMTV
Tante de l'adolescent tué à Marseille - BFMTV

"Il était au mauvais endroit, au mauvais moment". Rayanne, un adolescent de 14 ans, a été tué par balles lors d'une fusillade dans la cité des Marronniers à Marseille, mercredi soir. Interrogée au micro de BFMTV ce vendredi, sa tante décrit un adolescent "espiègle" et "plein de vie" et insiste: "ce n'était ni un dealer, ni un guetteur."

"Ce n'était qu'un enfant"

"Rayanne n'avait aucun casier judiciaire. Il était scolarisé. Il était juste parti profiter d'une soirée d'été en allant manger un sandwich avec un ami au pied de la cité", raconte-t-elle sur notre antenne. "Il était au mauvais endroit au mauvais moment."

"Rayanne n'est pas un délinquant, un dealer ou un guetteur. Ce n'était qu'un enfant", insiste-t-elle encore. "Ce n'est pas parce qu'on vit dans une cité qui craint qu'on est tous des dealers!"

Vers 22 heures, mercredi, deux individus se sont présentés à scooter à proximité de la cité des Marronniers, dans le 14e arrondissement de la cité phocéenne. Le passager du scooter est descendu du véhicule muni "d'une arme longue de type fusil d'assaut" et a tiré "en direction du point de guet situé avant l'entrée de la cité abritant la revente de stupéfiants", selon le parquet de Marseille. Rayanne est tué, un autre adolescent de 14 ans est blessé ainsi qu'un enfant de 8 ans.

"Cinq minutes avant, Rayanne était avec mon fils de 20 ans qui revenait du boulot. Il a juste eu le temps de le laisser quand il a entendu les coups de feu. Il a couru et retrouvé son petit-cousin criblé de balles", témoigne encore la tante de la victime.

"La maman de Rayanne travaille, son père travaille... Oui, on habite dans les quartiers nord de Marseille mais cela n'empêche pas qu'on est des gens biens. On est endeuillés, on a perdu un enfant. Ce serait bien qu'on ne salisse pas la mémoire d'un enfant de 14 ans."

"Ca tire même en pleine journée"

Cette dernière vit depuis 25 ans dans la cité. Jusqu'à présent, elle "refusait d'avoir peur" face aux guerres de gang et aux débordements des trafics de drogue.

"Mais depuis quelques semaines, c'est l'anarchie. Ca tire même en pleine journée", explique-t-elle. "Je ne laisse plus ma fille de 11 ans sortir. La dernière fois, elle est revenue en courant car il y avait des coups de feu. On était mercredi, en pleine journée."

"Mais ces trafics durent depuis des années. Tout le monde le sait. La police ne fait rien. Ce n'est certainement pas la visite du ministre hier, qui fera la différence... Je n'y crois pas", estime-t-elle.

Article original publié sur BFMTV.com

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