Les néonicotinoïdes "tueurs d'abeilles" à nouveau autorisés? Les écolos sont ulcérés

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Les néonicotinoïdes tueurs d'abeilles à nouveau autorisés? Les écolos sont ulcérés (Photo: HuffPost)
Les néonicotinoïdes tueurs d'abeilles à nouveau autorisés? Les écolos sont ulcérés (Photo: HuffPost)

ENVIRONNEMENT - “Renoncement criminel”. Un projet d’arrêté autorisant à nouveau l’utilisation de semences de betteraves sucrières traitées avec des néonicotinoïdes, insecticides aux effets néfastes pour les abeilles, est mis à la consultation du public jusqu’au 16 janvier, a annoncé lundi 27 décembre le ministère de l’Agriculture.

Le projet d’arrêt, pour lequel chaque citoyen est invité à donner son avis ici, autorise au titre de la campagne 2022 et pour une durée de 120 jours, l’emploi de semences de betteraves sucrières traitées avec des néonicotinoïdes tel que l’imidaclopride, ou le thiamethoxam. L’arrêté est accompagné de restrictions sur les cultures qui peuvent être implantées les années suivantes, afin de réduire l’exposition des insectes pollinisateurs aux résidus éventuels de ces produits.

De quoi susciter des Verts à Greenpeace, des réactions outrées. Le porte-parole de Yannick Jadot, Hubert Julien-Lafferière évoque dans un communiqué partagé par la sénatrice et également porte-parole Mélanie Vogel, “l’un des plus graves reculs du quinquennat d’Emmanuel Macron en matière de biodiversité. Il ajoute: “avec ce nouvel arrêté, le gouvernement montre qu’il préfère toujours servir les lobbys plutôt que de tenir compte des études scientifiques.

Interdiction complète pour les Verts

La sénatrice des Français et françaises de l’étranger et membre de la direction du Parti Vert européen d’enfoncer le clou en n’hésitant pas à qualifier ce projet d’arrêté de “renoncement criminel”. Et de rappeler que leur programme prône une interdiction complète.

Le candidat à la présidentielle, Yannick Jadot, sur son compte Twitter, a également rappelé qu’une fois élu, il “extirpera de l’agriculture et de l’alimentation” les néonicotinoïdes.

“Votre ministère travaille pour quels intérêts en fait? Ceux des citoyen-nes ou des entreprises de l’agrochimie?” a interrogé de son côté Sandrine Rousseau, présidente du conseil politique de Yannick Jadot, interpellant directement au passage la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili.

Un projet “honteux” pour Delphine Batho, porte-parole également de Yannick Jadot pour la campagne présidentielle.

Un rétablissement de substances dangereuses qui n’est pas justifié développe de son côté le porte-parole climat de Greenpeace France, Clément Sénéchal. “Finalement, l’exception redevient la règle: les pesticides tueurs d’abeille vont sans doute être autorisés en France pour 2022 également, alors que la pression virale sur les cultures est quasi-nulle”, peut-on lire dans son tweet relayant l’information de cet arrêté décidé seulement quelques jours avant les fêtes de fin d’année.

Il a en effet été soumis le 21 décembre au Conseil de surveillance des néonicotinoïdes qui a rendu un avis favorable.

La crise de la betterave de 2020 dans les mémoires

La filière française de la betterave, qui avait déjà bénéficié d’une mesure similaire en 2021, “demeure économiquement fragile”, fait valoir, de son côté, le ministère dans un communiqué. “Au regard des éléments disponibles, le gouvernement considère que les conditions d’octroi d’une dérogation pour 2022 sont réunies”, ajoute-t-il.

Fin 2020, le Parlement avait autorisé le retour temporaire de ces insecticides “tueurs d’abeilles” interdits depuis 2018, pour voler au secours de la filière betteravière. Elle venait de faire face à la prolifération de pucerons verts, vecteurs de la maladie de la jaunisse qui affaiblit la plante et réduit les rendements. La loi précisait que les dérogations ne pourraient être accordées, jusqu’en juillet 2023, que pour les semences de betterave sucrière. “Les betteraviers français ont été confrontés en 2020 à une crise majeure et inédite liée à la prolifération de ces pucerons”, rappelle le ministère.

Sauf coup de théâtre, donc, ces pesticides interdits en Europe depuis 2018 pourront être utilisés l’an prochain en France sur environ 400.000 hectares de betterave à sucre. Le gouvernement rappelle que parallèlement, un Plan national de recherche et d’innovation a été mis en place pour coordonner “un important effort de recherche sur la jaunisse de la betterave afin d’apporter des solutions opérationnelles aux agriculteurs d’ici trois ans”. “Les alternatives aux néonicotinoïdes, qui font l’objet de ces recherches ne sont cependant pas encore utilisables pour les semis 2022”, souligne le ministère.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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