Les négociations post-Brexit entrent dans une phase critique

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Boris Johnson et les deux chefs de l'Union européenne se sont entretenus mercredi soir, avant le sommet des Vingt-Sept prévu ce jeudi 15 octobre et qui doit conduire Londres à arrêter sa position sur un éventuel accord. Et ce alors que les négociations peinent à avancer.

Un coup de fil pour faire le point et montrer qu’on se parle toujours, que les ponts ne sont pas rompus ; mais l’échange ce mercredi soir entre Boris Johnson, Ursula Van der Leyen et Charles Michel aura aussi permis au dirigeant britannique de rappeler « l’intérêt d’un accord » tout en se disant « déçu qu’il n’y ait pas eu plus de progrès ces deux dernières semaines », alors qu’il avait fait du sommet européen de ce jeudi une date butoir.

Officiellement Downing Street a indiqué que le Premier ministre attendrait le résultat de la réunion à Bruxelles avant de prendre une décision sur la suite des pourparlers et son porte-parole a redit que la pêche restait le principal point de blocage, rapporte notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

Deal or no deal ?

Mais à en croire les médias britanniques citant des sources proches des négociations, David Frost, le négociateur en chef de Boris Johnson, estime qu’un accord est toujours possible et que deux semaines supplémentaires de pourparlers pourraient mener à une percée alors qu’un compromis sur la pêche semble émerger.

Toujours selon ces sources, si Boris Johnson suivait ce conseil, il faudrait que l’UE accélère la cadence de son côté pour parvenir à un accord vers la mi-novembre. En effet, un sommet informel des dirigeants européens, à l’origine consacré à la Chine, est programmé le 16 novembre à Berlin et apparaît de plus en plus comme une nouvelle échéance.

Mais Ursula von der Leyen a rappelé sur Twitter, peu après son entretien avec Boris Johnson que « L'UE travaille à un accord, mais pas à n'importe quel prix ». « Il reste encore beaucoup de travail à accomplir », a-t-elle ajouté, quand Charles Michel a réclamé « des avancées ». Les dirigeants de l'UE prévoient pour l'instant de constater « avec préoccupation » que « les progrès réalisés » dans les pourparlers « ne sont toujours pas suffisants », selon un projet de déclaration préparé en amont du Conseil européen de ce jeudi.

Le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton estime même que l'Union européenne est prête pour le scénario d'une absence d'accord sur la future relation euro-britannique.

Points de blocage

Les Européens font bloc et ne veulent pas céder sur des points qui leur paraissent fondamentaux. D’abord la mise en place de conditions de concurrence équitables qui permettent au Royaume-Uni l’accès à un marché de 450 millions de consommateurs. Il s'agit essentiellement de respecter des normes environnementales et sociales.

La question de la pêche est également essentielle pour plusieurs États membres, dont la France. Le mandat du négociateur européen Michel Barnier est de préserver l’accès réciproque aux eaux européennes et britanniques même si les Européens sont plus nombreux à pêcher dans les eaux britanniques que l’inverse. L’enjeu est le maintien des activités de pêche pour les Français, les Irlandais, les Néerlandais, les Belges et les Espagnols et plus marginalement les Allemands.

Enfin, il faut des règles claires et mettre en place un mécanisme pour régler les différends. L’objectif est d'avoir une relation équilibrée, soutenable économiquement et politiquement.