Négociations, neutralisation... Comment le GIGN intervient-il auprès des forcenés?

GIGN (illustration) - AFP
GIGN (illustration) - AFP

C'est d'abord la gendarmerie locale qui a reçu l'information, dans la nuit de mardi à mercredi: un individu d'une vingtaine d'années est retranché dans une maison de Douvres, dans l'Ain, et séquestre cinq membres de sa famille. L'antenne du GIGN à Dijon est alors mobilisée pour tenter de raisonner le jeune homme. Celui-ci finira par mourir à l'issue de leur intervention, malgré une tentative de négociation et des sommations d'usage, ce mercredi en fin de matinée.

Si la phase de négociations avec le forcené peut parfois porter ses fruits et aboutir à une reddition, il arrive, comme c'est le cas avec ce drame, que l'unité d'intervention soit forcée d'utiliser les armes pour neutraliser un individu potentiellement dangereux, explique sur notre plateau Antony Couzian-Marchand, un ancien membre du GIGN. Pourtant, précise-t-il, c'est loin d'être la première étape d'intervention.

"On essaye dès le départ d'avoir un profil de l'individu. Ensuite, on tente de déterminer sa dangerosité actuelle: est-ce qu'il est susceptible de repasser à l'acte ou est-ce que la phase critique a disparu?", décrit-il ce mercredi sur BFMTV.

Tenter de négocier

Après avoir identifié le plus précisément possible les contours de la situation, les membres du GIGN passent par la case négociations. "On essaye toujours d'amener l'individu à se rendre, si c'est une possibilité qui peut être exploitée", poursuit-il.

En cas d'échec de cette tentative, si la situation le justifie, l'unité peut utiliser d'autres méthodes pour tenter de maîtriser le forcené. "Il peut arriver qu'au bout d'un certain temps le niveau de dangerosité de l'individu, l'impasse de la négociation et le fait qu'il fasse peser un risque, ne laisse plus d'autre solution que de tenter de faire cesser cette menace par un usage des armes."

Mais là encore, rappelle Antony Couzian-Marchand, l'idée est d'éviter le recours à une violence exacerbée. Des armes non létales ou ayant une létalité faible peuvent être une option. Selon lui, l'idée est de tenter d'intervenir avec le moins de violence possible tout en protégeant de potentielles victimes collatérales et les intervenants eux-mêmes.

Le risque du "suicide by cop"

À cela s'ajoute un risque que les gendarmes ne peuvent parfois pas éviter: celui d'un "suicide by cop" de la part du forcené. À comprendre: une méthode consistant à aller au-devant des membres du groupe d'intervention pour les menacer et déclencher des tirs de leur part.

"Le GIGN connaît très régulièrement des actes de ce type de la part de personne qui, ne voyant pas d'issue à leur situation et sentant bien qu'elles sont elles-mêmes animées d'un mal-être profond, vont se faire tuer par les forces de l'ordre", décrit Antony Couzian-Marchand .

Éviter une "riposte violente"

Comme le rappelle la devise du groupement d'intervention, "S'engager pour la vie", Antony Couzian-Marchand l'assure: la volonté première du GIGN est "d'utiliser la riposte la plus réduite en termes de violence".

"Si l'on rajoute une crise supplémentaire avec une intervention, avec un usage des armes et la mort de l'auteur des faits, vous réduisez la possibilité d'obtenir des réponses aux questions de beaucoup de gens et l'on a une violence supérieure qui se produit dans la commune avec des élus qui vont ensuite devoir gérer cette violence importante".

Article original publié sur BFMTV.com

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