Négociations sur le Brexit : de stratégiques mots d'amour

Libération.fr
Jean-Claude Junker et Theresa May, le 8 décembre à Bruxelles.

Si les dirigeants de l'Union se prennent à rêver à voix haute du maintien du Royaume-Uni, c'est surtout pour laisser le mauvais rôle à Theresa May et désamorcer la campagne des «Brexiters» qui crient à la punition européenne.

On a assisté, la semaine dernière, à un festival de déclarations d’amour au Royaume-Uni. En particulier, le Polonais Donald Tusk, président du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement, a expliqué aux Britanniques que «nos cœurs vous sont toujours ouverts» tout comme «la porte» de l’Union. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a surenchéri : «Pour moi, la sortie du Royaume-Uni est une catastrophe, un échec que nous devons tous assumer.» «Dans le cas où les Britanniques voudraient suivre un autre chemin que le Brexit, nous serions prêts à en parler», a-t-il affirmé devant le Parlement européen.

Faire taire les europhiles locaux

Que s’est-il passé pour que les dirigeants de l’Union se prennent ainsi à rêver à haute voix d’un revirement qui prendrait la forme d’un retrait pur et simple de la lettre activant l’article 50 du traité sur l’Union, lui-même organisant la procédure de sortie ? Aussi étrange que cela puisse paraître, ils ont rebondi sur une déclaration de Nigel Farage, l’ancien leader du UKIP, le parti europhobe britannique, qui a évoqué l’idée d’un second référendum portant sur l’accord final entre Londres et Bruxelles. Son but n’est pas d’invalider le Brexit, mais au contraire de faire taire, pour une génération au moins, les europhiles locaux : en dépit de sondages montrant qu’aujourd’hui 55% des Britanniques voteraient pour rester dans l’Union, le leader europhobe reste certain que le peuple ne changera pas d’avis à si brève échéance.

En réalité, aucun responsable européen ne croit sérieusement à un revirement des Britanniques. En réalité, ces protestations d’amour visent à désamorcer la campagne des Brexiters qui affirment que l’Union cherche à «punir» le Royaume-Uni : en expliquant qu’une volte-face est (...)

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