"Avez-vous négocié avec le RN?": Darmanin interpelle la Nupes sur sa motion de censure

"Avez-vous négocié avec le RN?": Darmanin interpelle la Nupes sur sa motion de censure
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le 5 octobre 2022 à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le 5 octobre 2022 à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Gérald Darmanin veut poser une "simple question". "Y a-t-il eu une négociation d'arrière-cour? Y a-t-il eu une négociation de la honte entre La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN)", feint d'interroger le ministre de l'Intérieur ce jeudi sur France Inter.

En cause: la motion de censure de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) à laquelle les députés du RN ont joint leurs votes lundi dernier. Des socialistes anti-Nupes ont mis le feu au poudre le lendemain. François Kalfon, ancien conseiller d'Île-de-France, a indiqué que les insoumis auraient "fait retirer toute mention positive à l'immigration" dans leur texte afin de rallier les votes de l'extrême droite. Plusieurs réponsables du Parti socialiste (PS) ont démenti dans la foulée. "Ce n'est évidemment pas le cas", a encore répété Olivier Faure ce jeudi.

"Cynisme" et "désordre"

Pour autant, Gérald Darmanin insiste au micro de France Inter: "Avez-vous négocié avec le Rassemblement national pour que Marine Le Pen puisse voter votre motion de censure?", interroge le patron de la place Beauvau à l'adresse des insoumis. Si tel était le cas, cela signifierait selon lui que LFI "est prête à tout par méchanceté, par désordre, par cynisme, pour jouer contre les Français, s'allier avec le Front national, trahir leurs électeurs".

La veille, Emmanuel Macron a joué la même musique lors de son grand entretien sur France 2. Le président a accusé la Nupes d'avoir "déposé une motion de censure qui, à dessein, a été changée". Une façon pour lui d'opposer deux camps. Celui de la gauche représenté selon ses mots par le "cynisme" et le "désordre". Et le sien - dans lequel il a appelé la droite à prendre place - celui "de l'ordre, du travail, de la solution, de l'avancée".

"Vous ne pouvez pas contrôler les votes de l'extrême droite"

En face, la gauche riposte. Le socialiste Boris Vallaud a invité certains ministres à remonter le temps. Il s'est adressé à Bruno Le Maire sur Twitter récemment. "Le 19 février 2015, vous votiez avec Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard (alors députés non-inscrits, ndlr) une motion de censure contre.... la loi Macron", a rappelé le chef de file des socialistes à l'Assemblée nationale. Comme l'a souligné Libération, il n'avait pas été le seul parmi les membres actuels du gouvernement. A ses côtés se trouvait un certain... Gérald Darmanin.

"Vous ne pouvez pas contrôler le vote du Rassemblement national", a fait valoir Yannick Jadot sur France Inter. Tout en rappelant au passage que les voix de l'extrême droite ont "permis à Emmanuel Macron de faire passer sa loi sur le pouvoir d'achat", l'été dernier. Dans le même temps, l'ancien candidat des écologistes à la présidentielle, a invité la gauche à rendre ses prochaines motions de censure "invotables pour le Rassemblement national". Et le député européen de glisser un tacle aux insoumis: "Il y a malheureusement à La France insoumise une stratégie, j'ai l'impression, qui vise à rassembler l'ensemble des oppositions pour faire tomber le gouvernement".

Invité de France 2, l'insoumis Éric Coquerel a expliqué la ligne de sa formation. Interrogé sur la motion de censure que LFI souhaite déposer après le 49.3 déclenché par le gouvernement sur le budget de la Sécurité sociale, il a répondu:

"Si on dépose une motion de censure, c'est pour censurer le gouvernement. Que je sâche, nous n'avons pas, nous les députés de la Nupes, la majorité pour le faire. A partir de là, soit on fait ça pour l'operette [...] soit on fait ça pour dire que nous ne voulons plus de cette politique. Dans ces cas-là, nous prenons tous ceux qui voudront de cette motion de censure".

Article original publié sur BFMTV.com