Néandertal, une nouvelle vision de l'humanité

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Panique chez les préhistoriens ! En 1856, de curieux ossements sont retrouvés dans la vallée allemande de Neander. Il faudra attendre plus d'un siècle, et le verdict de la génétique, pour accepter qu'ils appartiennent non pas à un Sapiens archaïque, mais à un Homo ... différent.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - Les Indispensables n°206, daté juillet/ septembre 2021.

Août 1856. Une équipe de carriers s'affaire à déblayer l'entrée de la grotte de Feldhofer, nichée dans la vallée de Neander, à une dizaine de kilomètres de Düsseldorf (Allemagne). Leurs efforts vont mettre au jour un fragment de crâne et des os. Probablement les restes d'un ours des cavernes, qu'ils confient donc à un naturaliste, Johann Carl Fuhlrott, enseignant dans la ville voisine. Pour lui, cependant, aucun doute : ces ossements ont appartenu à un type humain très ancien. Il décide de les montrer à un certain Hermann Schaaffhausen, professeur d'anthropologie à Bonn, qui les étudie consciencieusement. Son diagnostic tombe : le crâne provient d'une "race" humaine disparue - on s'exprime en ces termes, à l'époque. L'anthropologue mentionne d'abord l'idée d'une peuplade sauvage du nord-ouest de l'Europe, antérieure aux Celtes et aux Germains, puis qualifie les ossements de préhistoriques. En 1857, lors d'une réunion de la Société du Rhin inférieur pour l'histoire naturelle et la médecine à Bonn, il présente ses résultats.

Un débat scientifique qui durera plus de 30 ans

De nombreux savants ne peuvent y croire ! L'anatomiste August Mayer attribue ainsi le crâne à un cosaque mort après avoir déserté l'armée russe en 1814, durant les guerres napoléoniennes. De son côté, le médecin pathologiste Rudolf Virchow ne voit dans ces ossements que les restes d'un homme moderne souffrant de malformations, rachitique, perclus de rhumatismes et simple d'esprit. D'autres encore les relient à un genre différent, proche du singe… Cette résistance pousse Fuhlrott à taire son opinion et conduit Schaaffhausen à tempérer la sienne, ce qui n'empêchera pas sa carrière d'en pâtir. Le débat scientifique durera plus de trente ans. C'est que l'époque est à la révolution en matière de conception du temps. Depuis le 17e siècle, l'idée s'est fait lentement jour que la Nature n'est pas cet[...]

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