Mutineries organisées depuis Snapchat: le coronavirus va-t-il faire craquer les prisons ?

En Italie, des mutineries de détenus liées à la crainte de l'épidémie du coronavirus ont fait une douzaine de morts parmi eux et une quarantaine de blessés chez les surveillants. Un scénario que redoutent les agents pénitentiaires français.

Une clameur s’élève de la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy (Yvelines). Dans un coin de la promenade, une cinquantaine de prisonniers sont pris en étau par des équipes régionales d'intervention et de sécurité (ERIS), un corps d’élite, spécialisé dans les mutineries en milieu carcéral. "C’est la guerre !", s’égosille un détenu à la vue de ces unités casquées, avec boucliers et gazeuses. "Blocage !", s'exclame un autre. "Le Coran, ils vont leur baiser leur mère !" En soutien à ces prisonniers qui refusent de regagner leur cellule à l’issue de la promenade, une partie de la prison tape aux barreaux et aux portes. Pendant de longues minutes, ce mercredi 18 mars, la situation paraît hors de contrôle.

Ce face-à-face tendu est l'un des rares à avoir été diffusé sur le réseau social Snapchat par un détenu. Mais ce n'est que l’un des nombreux épisodes de protestation qui agite les prisons françaises depuis la décision du ministère de la Justice, ce 17 mars, de suspendre les parloirs et les activités socio-culturelles pour enrayer l’épidémie de coronavirus.

Lyon-Corbas, Aiton, Argentan, Grenoble, Villefranche… Depuis les premières heures du confinement, la fièvre est montée d'un cran dans les prisons françaises. En tout, un peu plus d'une dizaine d'établissements ont été touchés par ces mouvements de rébellion. "Dans la plupart des cas, nous avons été confrontés à un refus de réintégrer les cellules de la part des détenus"

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