Mutinerie au Guatemala: 3 otages libérés et 3 surveillants tués

San José Pinula (Guatemala) (AFP) - Quatre surveillants pris en otage par des détenus après une mutinerie dans une prison pour mineurs du Guatemala ont été libérés, a annoncé lundi soir le président du pays, Jimmy Morales, mais l'un d'entre eux est décédé de ses blessures.

Deux autres gardiens avaient été tués la veille lors du déclenchement de la mutinerie visant à dénoncer des mauvais traitements.

Un cinquième fonctionnaire otage qui présentait des blessures avait été libéré à l'aube afin d'être conduit à l'hôpital.

"Merci à Dieu et à l'action efficiente et opportune de notre police qui a réussi à libérer vivants nos quatre surveillants retenus", a indiqué sur son compte Twitter le président du Guatemala, Jimmy Morales, peu de temps après l'entrée en force des policiers dans la prison.

Mais peu après cette annonce, les autorités médicales ont annoncé le décès d'un des otages libérés des suites de ses blessures.

Une porte-parole des pompiers a également annoncé que deux autres ex-otages présentaient des traumatismes crâniens.

L'émeute avait débuté dimanche soir dans le centre pénitentiaire Etapa II, situé à San José Pinula, à quelques kilomètres de la capitale Guatemala, et voisin du foyer pour mineurs Hogar Seguro ("foyer sûr") Virgen de la Asuncion, où 40 adolescentes avaient péri le 8 mars dans un incendie.

Des forces spéciales lourdement équipées entouraient l'enceinte de la prison où un début d'incendie s'était déclaré dimanche soir. Lors de l'assaut, des journalistes de l'AFP sur place ont entendu de multiples détonations, mais le ministre de l'Intérieur Francisco Rivas a qualifié l'opération de "succès".

Les mutins, une quarantaine de membres d'un gang criminel, Barrio 18, voulaient protester contre les sévices infligés aux détenus par les surveillants, selon Abner Paredes, le responsable du secteur jeunesse au parquet chargé des droits de l'Homme (PDH).

"Dans ce centre, nous avons constaté des agressions permanentes de la part des surveillants", a déclaré à l'AFP M. Paredes.

Hilda Morales, vice-procureur au PDH, s'est élevée contre le fait que la prison mélange des membres des dangereuses "maras" (gangs) à 192 autres jeunes prisonniers qui n'ont pas de relations avec ces bandes.

Selon Vladimir Lopez, un des responsables du secrétariat du bien-être social de la présidence guatémaltèque, dont dépend le centre, la prison compte 56 membres de gangs (39 majeurs et 17 mineurs), bien que l'établissement soit destiné aux adolescents.

En outre, les détenus demandaient le retour de prisonniers transférés, de meilleures conditions d'alimentation et un assouplissement du régime des visites, selon les autorités.

Ce centre de détention avait déjà été le théâtre en 2005 d'un affrontement entre bandes qui avait fait 14 morts.

L'établissement adjacent pour adolescentes, où a eu lieu l'incendie de début mars, avait été ouvert en 2006 et avait déjà été dénoncé par le passé pour des mauvais traitements et abus sexuels sur les pensionnaires.

Au Guatemala, le pays le plus peuplé d'Amérique centrale (16,3 millions d'habitants), 59,3% de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale, et le taux d'homicides est un des plus élevés du monde.

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