"Comme un musulman en France" : la lettre d’amour à la France du réalisateur Ismaël Saidi

Carine Azzopardi
·1 min de lecture

C’est l’histoire d’un petit garçon de six ans s’apprêtant à dévorer un bout de jambon à la cantine, et qui s’arrête net face au cri de son camarade : "N’en mange pas, sinon tu iras en enfer !" Une phrase qui effraie l’enfant : "Et les copains qui en mangent alors ? Ils vont aller en enfer ?"

Depuis, le petit gamin de la banlieue bruxelloise a grandi, est devenu scénariste et dramaturge. Depuis 2015, il tourne partout en France avec une pièce intitulée "Djihad", qui provoque le débat dans chaque salle avec le public. Une pièce reconnue d’utilité publique par l’Education nationale, pour prévenir la radicalisation.

Des échanges à bâtons rompus

Ismaël Saidi sait de quoi il parle : musulman pratiquant, il a vu croître le communautarisme depuis trois décennies, que ce soit en Belgique ou en France. Alors, inlassablement, il s’est donné pour mission de faire tomber les barrières, d’aller à la rencontre des uns et des autres, dans des lieux divers et variés : une prison, un collège, une MJC (Maison des jeunes et de la culture), la salle des fêtes d’un village de montagne …

Et avec une grande patience, il écoute, et répond. Il devient le réceptacle des doléances, des peurs, des angoisses, parfois même des haines de son public, lors de séances de questions-réponses à bâtons rompus sans tabou et sans gêne. En racontant toutes ces anecdotes, Ismaël Saidi passe vite sur les "irrécupérables" qu’il croise : cet homme radicalisé condamné pour une peine lourde en prison, cet autre qu’on (...)

Lire la suite sur Franceinfo

A lire aussi