«La musique ne s’est jamais arrêtée à Peshawar»

Libération.fr

Dans cette ville du nord du Pakistan, la vie culturelle a été meurtrie par dix années d’un pouvoir islamiste qui avait interdit, entre autres, la musique. Mais les artistes et les artisans du secteur ont su résister et s’autorisent aujourd’hui une activité au grand jour.

University Road est un fouillis sonore de motos, de taxis, de camions débordant de gigantesques ballots qui les font tanguer comme des caravelles ventrues, de carrioles chargées de bois en ce mois de janvier glacial. Entre une quincaillerie et un coiffeur, un panneau annonce le Studio DJ Haider. Devant l’entrée, un ampli Peavey, un caisson de basses et une douzaine de paires de sandales et de chaussures en cuir. De la musique s’échappe par la porte fermée. Dans la petite pièce sombre, tapissée de molleton prune à fleurs dorées, de jeunes hommes, un micro, un bureau avec un ordinateur, deux enceintes et un grand costaud aux boucles brunes. Wagar Ali, 45 ans, est le propriétaire d’un des studios d’enregistrement de Peshawar, capitale de la province pakistanaise du Khyber Pakhtunkhwa, située à 60 km de la frontière afghane. Chez lui défilent les vedettes de la musique pachtoune, l’ethnie indo-européenne majoritaire dans la région. «On fait de la "fusion", entre musique traditionnelle et pop. Dans les années 90, on travaillait avec des artistes néerlandais, britanniques, on organisait des concerts live avec vingt ou trente musiciens, explique le producteur et guitariste. Puis les "extrémistes", les "terroristes", quel que soit le nom qu’on leur donne, sont arrivés, ont détruit les magasins de CD et de vidéos et toute la communauté artistique.»

Lutherie

La région, avec ses liens économiques, familiaux et tribaux très étroits de part et d’autre de la poreuse frontière afghane, émerge difficilement d’une décennie de terreur. Après avoir été encouragés par les Etats-Unis pour chasser l’envahisseur soviétique en Afghanistan, les talibans ont pris le pouvoir à Kaboul en 1996 et (...)

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