Musique : Blick Bassy, histoires d'une voix

Yann Bertrand
Le chanteur camerounais Blick Bassy vient de sortir son quatrième album, qui tient en une date, "1958", rendant hommage à l'un des héros de l'indépendance camerounaise, Ruben Um Nyobé, assassiné par les forces coloniales françaises. Beau et sensible.

Blick Bassy, c'est une esthétique du dépouillement bienvenu. Sa voix se fait une place entre les arrangements délicats de cordes et de cuivres, sans percussion ou presque.


Le chanteur camerounais, installé en France, se fait passeur pour son quatrième album. Ruben Um Nyobé est un vrai héros de l'indépendance, mais aussi une figure de la lutte pour l'égalité, et son histoire est encore aujourd'hui trop largement méconnue. "Le chaos d'aujourd'hui au Cameroun m'a envoyé un message très clair sur ce personnage qui déjà nous prévenait de ce qui allait se passer aujourd'hui", explique-t-il.

Quand j'étais à l'école, j'ai entendu parler d'Um Nyobé comme d'un terroriste

Blick Bassy

Blick Bassy chante en bassa, sa langue maternelle, mais le propos est universel, dans sa force et sa beauté. 1958 est un album qui chante une date, c'est aussi une histoire intime pour l'artiste dont la mère a fait partie des "maquisards" réfugiés en forêt.


On ne parle pas ici de musiques africaines, mais simplement de blues, celui qui sert à évacuer la tristesse ou la colère. Soixante ans après l'assassinat de Ruben Um Nyobé par la France, l'histoire coloniale reste encore un tabou. Et si la culture peut aider...

Pour avoir une relation claire et sincère, il faut pouvoir parler de tout

Blick Bassy

Avec Blick (...)

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