Muselier, réélu en Paca, donne des gages à la gauche

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Renaud Muselier à Marseille le 27 juin 2021

Après une âpre bataille face au Rassemblement national, le LR Renaud Muselier a été officiellement réélu pour sept ans à la tête de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur vendredi, promettant au passage d'associer étroitement la gauche à sa gouvernance.

Visiblement ému après une campagne qu'il a jugée "difficile physiquement, moralement, politiquement, humainement", M. Muselier a obtenu 84 voix, soit 100% des élus de sa majorité, dont cinq encartés LREM selon lui. Les 39 votes blancs correspondent aux 39 conseillers élus sur les listes du RN, dans le sillage de Thierry Mariani.

"Ma responsabilité est immense", a-t-il lancé, entouré des maires de Nice et de Toulon Christian Estrosi et Hubert Falco, et de la nouvelle présidente du Vaucluse Dominique Santoni, dans une région où les six départements sont désormais aux mains de la droite.

"Je veux remercier pour son sens des responsabilités Jean-Laurent Félizia", le candidat du Rassemblement écologique et social (gauche), qui s'était retiré dans un front républicain au lendemain du premier tour, a-t-il enchaîné.

M. Muselier a promis de l'associer, avec Jean-Marc Governatori, le candidat de Cap écologie qui avait également appelé à voter pour lui entre les deux tours, au "gouvernage" de la région: "J'en fais le serment solennel".

Ils pourront par exemple déposer des délibérations, voeux ou motions, tenir un discours de politique générale chaque début d'année, et ils seront associés aux sujets qu'ils jugeront prioritaires.

Même si les sondages le donnaient au coude-à-coude avec l'extrême droite menée par Thierry Mariani, lui même ancien Républicain, Renaud Muselier l'avait finalement emporté confortablement avec 57,3% des suffrages. Un résultat entaché cependant par une abstention massive (63,2%): au final il n'a été élu que par 704.431 voix, sur 3,5 millions de personnes inscrites dans la région sur les listes électorales.

"Je crois qu'il a compris qu'il ne pouvait pas déroger à la parole qu'il avait donnée", a estimé Jean-Laurent Félizia dans La Marseillaise vendredi, l'invitant à "redéfinir ce que lui entend par +Cop d'avance+" sur l'environnement et à aller "au-delà" de la plantation d'un million d"arbres.

L'écologiste n'était toutefois pas présent vendredi, contrairement au maire socialiste de Marseille Benoît Payan, venu saluer Renaud Muselier juste avant le début de la séance.

Avec l'opposition d'extrême droite, les premières flèches sont aussitôt parties après les félicitations républicaines de Thierry Mariani, quand le président de la majorité Pierre-Paul Léonelli a évoqué dans son discours ce "RN qui finalement ne rassemble que lui-même et n'a de national que le nom".

Pour autant, Thierry Mariani a estimé qu'il s'agissait maintenant de "faire fonctionner ces institutions": "On jouera notre rôle, à savoir que quand la majorité fera des propositions constructives, on les soutiendra", a-t-il expliqué à l'AFP, craignant néanmoins qu'une place trop importante soit donnée aux écologistes et à la gauche.

"La moindre des choses est qu'on ait au minimum des droits supérieurs à ce groupe (de la gauche, ndlr) qui n'existe pas dans la séance", a-t-il ajouté.

La gauche n'est plus représentée au sein de l'hémicycle régional depuis 2015, quand Christophe Castaner, alors socialiste, s'était lui aussi retiré entre les deux tours pour faire barrage à la liste du RN menée par Marion Maréchal-Le Pen.

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