« Le Mur grec », un polar qui interroge les responsabilités face à la migration

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D'autant que le problème avec cette tête sans corps, c'est qu'elle appartient à un Occidental et qu'on l'a retrouvée près d'un bordel dont le sordide atteint des sommets. Agent Evangelos n'est pas idiot, il sait que les emmerdes vont arriver en esquadrille. On est sur les bords du fleuve Evros, dans la zone militaire à la frontière gréco-turque qui court sur quelque cent cinquante kilomètres et qui est le principal point de passage des clandestins. La frontière de Schengen est gardée par Frontex, la police européenne des frontières dont le siège se trouve à Varsovie. Une aberration que l'Agent Evangelos ne se prive pas de critiquer mais qui ne lui fait pas perdre de vue la responsabilité de sa propre administration.

L'auteur suisse Nicolas Verdan a créé un beau personnage. On suit cet agent du renseignement à trois ans de la retraite, plein de nostalgie et de fureur. Nostalgique quand il fréquente assidûment le Batman, le café de la Grèce d'avant, là où la cigarette est encore hors la loi, là où le cancer des poumons n'est pas encore au programme. Furieux, quand il nous plonge dans ce qu'il désigne avec acidité, « La Crise », la Grèce d'aujourd'hui. La fameuse crise, celle qui frappe le pays en 2008 et le fait dévisser. Merkel et son plan d'austérité pour « ces fainéants de grecques » avait-elle lourdement suggéré. Mais l'Agent Evangelos qui vient tout juste d'être grand-père, a encore le goût du travail bien fait. Il veut résoudre ce crime. Il se fout de Frontex, de l'Euro...


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