Le mur à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie embarrasse le gouvernement

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Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, photographié à l'Élysée en juillet 2020 (illustration) (Photo: via Associated Press)
Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, photographié à l'Élysée en juillet 2020 (illustration) (Photo: via Associated Press)

INTERNATIONAL - Alors que la situation s’aggrave à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, le gouvernement français cherche à trouver le ton, entre une nécessaire “solidarité” exprimée envers Varsovie et une forme de contestation timide du projet de mur que prévoient de construire les autorités polonaises pour faire face à un afflux de migrants.

“La France ce qu’elle dit, l’Europe ce qu’elle dit, c’est qu’on doit faire respecter nos frontières. Ce qu’elle dit, c’est qu’elle est en solidarité avec les pays confrontés à cette situation”, a déclaré ce mardi 16 novembre Gabriel Attal sur France inter, affirmant qu’il n’avait “pas de leçon à donner” aux pays confrontés à une telle crise. Mais au même moment sur France 2, le secrétaire d’État aux affaires européennes, Clément Beaune, émettait de sérieuses réserves sur le choix fait par le gouvernement polonais.

Le “côté tragique de l’histoire”

“Je suis pour une Europe qui protège ses frontières, mais pas pour une Europe qui hérisse des barbelés ou se couvre de murs”, a déclaré Clément Beaune, invitant les nations européennes à éviter les “deux pièges” que présente cette crise: “celui de la naïveté et de la désunion, et celui qui consisterait à renoncer à nos valeurs et à nos règles”.

Une hostilité de principe que ne partage pas Bruno Le Maire. Ce lundi 15 novembre sur LCI, le ministre de l’Économie a estimé que la Pologne était dans son bon droit. “La fermeté, c’est qu’un État souverain a le droit de protéger par les moyens qu’il estime légitimes sa frontière et l’accès à son territoire”, a déclaré le locataire de Bercy.

Du côté des parlementaires LREM, l’option choisie par Varsovie ne fait pas l’unanimité. Interrogée sur Sud Radio, l’eurodéputée LREM, Nathalie Loiseau, dit ”à la fois comprendre la réaction des Polonais qui se sentent attaqués” mais relève le “côté tragique de l’histoire”, dans la mesure où la Pologne était “de l’autre côté du rideau de fer” avant la chute du mur de Berlin.

Même tonalité du côté de la présidente déléguée du groupe LREM à l’Assemblée nationale, Aurore Bergé. “Bien sûr que non, on n’aide pas la Pologne à construire un mur. Ce n’est pas comme ça que l’Union européenne se construit. Ce n’est pas en dressant des murs et en répondant au “chantage qui est de facto mis en place par la Biélorussie, aidée par la Russie”.

Evoquant à l’Assemblée “une tragédie humaine grave”, le premier ministre Jean Castex n’a lui pas parlé du mur mardi après-midi, mais “réaffirmé avec force notre pleine et entière solidarité à l’égard de la Pologne”. Tout en dénonçant une “instrumentalisation de manière humaine” des flux migratoires par le régime biélorusse.

À voir également sur Le HuffPost: À la frontière entre Biélorussie et Pologne, les migrants peinent à survivre sous la pression policière et diplomatique

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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