Municipales: les petites villes écartées des résultats nationaux, une "manipulation"?

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Comme révélé par L'Express, les résultats municipaux dans les petites villes n'influeront plus sur les tendances de vote au niveau national. L'opposition s'insurge.

C'est un changement pour l'instant invisible, mais qui sera au centre de l'actualité dès 20 heures dimanche 15 mars, au soir du premier tour des élections municipales. En vertu d'une circulaire signée par Christophe Castaner, révélée par L'Express dès le mois de décembre mais qui vient d'être annoncée à l'Association des maires ruraux de France (AMRF), les villes de moins de 9000 habitants - soit 96% des communes françaises ! - ne seront plus comptabilisées dans les résultats nationaux. 

Et ce changement n'est pas anodin, puisqu'il bouleversera l'équilibre ressenti des forces en présence pour les collectivités locales. Jusqu'ici, des étiquettes politiques étaient attribuées par les préfets aux maires des petites communes. Mais, pour les municipales des 15 et 22 mars, le ministre de l'Intérieur a demandé aux préfets de "nuancer les candidats et listes de candidats uniquement dans les communes de 9000 habitants et plus, ainsi que dans les communes chefs-lieux d'arrondissement", écrit le ministre de l'Intérieur dans une lettre aux maires datée du 7 janvier. Comprendre, cesser d'attribuer les fameuses étiquettes "divers gauche", "divers droite", "centriste" ou "sans étiquette" dans les résultats préfectoraux. 

"52%" de la population invisible

Un changement qui pourrait sembler anodin, mais que l'opposition suspecte d'être profitable à La République en marche, nettement moins implantée que les partis traditionnels dans les petites communes, dont les choix seront rendus invisibles au soir des municipales. Elles représentent pourtant "52% de la population française", selon les calculs du politologue Pascal Perrineau. 

Ce dernier glisse à L'Express qu'il trouve "un peu pitoyable" la volonté présumée de "cacher la faiblesse de LREM dans les petites communes". Le professeur des universités à Sciences-Po Paris avoue ne pas comprendre "pourquoi on remonte le seuil des communes concernées de celles de 1000 habitants [depuis 2014, NDLR] à celles de 9000, au lieu de revenir simplement au...Lire la suite sur L'Express.fr

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