Municipales: Jacob (LR) pour un second tour en juin "si les conditions sanitaires le permettent"

Le président des Républicains (LR) Christian Jacob le 12 mars 2020

Paris (AFP) - Le président des Républicains Christian Jacob a plaidé lundi pour organiser le second tour des municipales en juin "si les conditions sanitaires le permettent", et pour installer rapidement les conseils municipaux élus dès le premier tour de mars.

"Dès que les conditions sanitaires le permettent, ça veut dire concrètement si on est capables d'ouvrir les écoles, les collèges, les lycées, les commerces, je ne vois pas au nom de quoi le deuxième tour ne pourrait pas se tenir en juin", a-t-il affirmé sur France Inter.

Dans le cas contraire "l'Association des maires de France a fait une proposition tout à fait raisonnable qui est celle de septembre", a-t-il ajouté.

Le second tour, qui devait se tenir le 22 mars, a été reporté en raison de la crise sanitaire. Un rapport doit être remis au Parlement par le Premier ministre le 23 mai au plus tard pour déterminer s'il peut avoir lieu en juin.

Ce second tour concerne environ 5.000 communes sur un total de 35.000.

Dans les 30.000 autres, M. Jacob a de nouveau plaidé pour "installer très rapidement les maires élus au premier tour" car "ne pas les installer, c'est créer des chômeurs de plus" notamment dans le secteur des travaux publics qui "sont très dépendants de la commande publique".

"Le gouvernement se moque du monde et nous emmène en bateau sur le sujet", a-t-il affirmé.

Le président des Républicains s'est par ailleurs dit opposé à une prolongation au delà du 10 juillet de l'état d'urgence sanitaire "sauf bien entendu si les conditions sanitaires nous l'imposent" car "la démocratie est sous cloche".

Sur l'allongement éventuel du temps de travail après la crise, M. Jacob a plaidé pour "sortir du carcan des 35 heures".

"La question du temps de travail devra se poser mais dans un cadre de dialogue social, et dans l'entreprise ou dans les branches" mais "ça ne peut pas être décidé par l'État", a-t-il affirmé.

Le chef de file des députés LR Damien Abad a lui aussi réclamé de la "souplesse" et de "l'adaptation" grâce à des "négociations qui se font au niveau de l'entreprise" et une "annualisation du temps de travail".

Selon lui, l'augmentation du temps de travail ne doit pas se faire de manière "péremptoire au niveau national", mais être autorisée "là où c'est nécessaire", a-t-il indiqué lundi lors d'un point presse en ligne.

De son côté le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a redit que "si on veut rembourser nos dettes et mieux payer les gens, il faudra travailler un petit peu plus", avec par exemple "37 heures payées 37".

En vue du "choc économique" qui sera selon lui "énorme", "il faudra exonérer les entreprises de toutes les charges sociales dès lors qu'elles emploient un apprenti (...) ou un diplômé", a-t-il dit sur Sud Radio.

Le président LR de la commission des Finances de l'Assemblée Eric Woerth a lui estimé sur Radio classique que "le chômage partiel était nécessaire" mais "ça ne peut pas durer".

Il a proposé "qu'on bascule progressivement ces aides publiques vers la réduction des charges patronales" et ce "d'ici l'été".