Municipales en France: une campagne sans contact

Le Premier ministre a fini par trancher: le second tour des municipales aura lieu le 28 juin. Une décision difficile, tant la classe politique était divisée sur le sujet, y compris au sein de la majorité. Concrètement, cela signifie que le scrutin sera organisé dans les 5 000 communes où le premier tour n’a pas été décisif. Mais comment faire campagne en plein état d’urgence sanitaire?

« Je fais confiance à l’inventivité des candidats de toutes les forces politiques pour trouver les moyens de faire passer leurs idées. » En annonçant la tenue du second tour le 28 juin, Edouard Philippe renvoie la balle aux candidats. Mais quel que soit le bord politique, pas facile de se projeter dans une campagne sans réunion publique, sans rencontre avec les électeurs, et sans tractage.

À la question « Comment faire campagne ? », le Socialiste Boris Vallaud est un peu à sec. « Oui, ce sera particulier… Il y aura du numérique, des médias et, j’imagine, beaucoup d’imagination... »

Faire campagne uniquement dans les médias et sur le numérique ? Pas très démocratique, pour l’Insoumis Eric Coquerel. « Les campagnes virtuelles, ça n’existe pas. La démocratie, ça a toujours été le fait de pouvoir aller au contact des gens. Au nom d’impératifs économiques, on prend le risque d’organiser des élections, aussi essentielles que celles des communes, dans un cadre a minima. Qui plus est, on a un vrai problème avec un deuxième tour organisé si longtemps après le premier. Après que l'économie se soit écroulée, que le système qui ait fait en sorte que cette crise devienne une crise sociale, sanitaire, ait explosé, on ne fait pas une deuxième tour comme si de rien n’était ! Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, et je pense que nous avons vraiment fait le mauvais choix. »

Opposé lui aussi à la tenue du second tour avant l’été, le RN Sébastien Chenu attend aussi de l’inventivité du gouvernement sur le vote par correspondance, les procurations, et même sur les programmes. « Est-ce qu’on pourrait envoyer, peut-être, des programmes électoraux, avec les professions de foi ? Je pense qu’il ne faut rien s’interdire. »

A un mois de l'échéance, une crainte : que se reproduise le record d’abstention du premier tour, où moins d’un inscrit sur deux, avait voté, Covid-19 oblige.