Municipales: EELV en position de force dans plusieurs grandes villes

Clarisse Martin avec AFP
L'élu EELV, Julien Bayou, a été à l'origine d'une requête pour demander l'identification des entreprises ne respectant pas l'égalité salariale. - THOMAS SAMSON / AFP

Les municipales de 2020 consacreront-elles l'ancrage territorial des écologistes, après le succès des Européennes en 2019? Le parti Europe Écologie - Les Verts (EELV) semble en capacité de s'emparer de plusieurs mairies de taille au terme du scrutin municipal le 28 juin prochain.

Dans certaines villes, les candidats écologistes ont présenté des listes alliées à d'autres forces politiques, comme à Toulouse, Bordeaux ou encore Besançon, ou ont porté des listes autonomes à Lyon, Strasbourg ou Lille, affichant des scores jusque-là jamais vus pour le parti. Mais la tendance pourrait s'inverser dans certaines villes au second tour, en raison d'alliances de circonstances pour barrer la route aux "Verts".

Haro sur les Verts à LR et LaREM

À Bordeaux, le candidat écologiste Pierrre Hurmic est arrivé en deuxième position au premier tour, talonnant de seulement 96 voix le maire sortant, le LR Nicolas Florian. À l'aune de l'entre-deux-tours, ce dernier a conclu une alliance avec Thomas Cazenave, candidat La République en marche (LaREM). Ralliement moqué par leur adversaire commun Pierre Hurmic: "Les deux adversaires d'hier, qui ont mené une campagne très dure l'un contre l'autre, sont devenus les meilleurs amis du monde", a-t-il réagi, cité par l'AFP.

À Lyon, la liste EELV est arrivée en tête avec 28,5% des voix. En réaction, l'ancien socialiste Gérard Collomb passé à LaREM a conclu un accord avec la droite. Même schéma à Strasbourg, où la candidate écologiste Jeanne Barseghian a fait la course en tête au premier tour. En réaction, ses adversaires Alain Fontanel (LaREM) et le LR Jean-Philippe Vetter ont fusionné leur liste en vue d'un barrage.

"Quand arrive le moment où les écologistes peuvent l'emporter, comme à Lille, comme à Lyon, comme à Strasbourg, à Toulouse, à Marseille, eh bien voilà, c'est 'sauve qui peut' et vous avez des alliances entre LaREM et la droite, alors qu'ils n'ont rien en commun, si ce n'est un bric à brac électoral, finalement pour garder quelques postes", dénonçait ce vendredi sur notre antenne le secrétaire national d'EELV Julien Bayou.

Des alliances à l'avantage des écologistes

L'entre-deux-tours a également apporté son lot d'alliances avantageuses pour les écologistes dans certaines villes. À Marseille, une union s'est faite derrière l'écologiste non affiliée à EELV Michèle Rubirola, composée du candidat EELV Sébastien Barles notamment. Michèle Rubirola était arrivée en tête le 15 mars.

À Toulouse, EELV n'est pas arrivé premier avec la liste d'Antoine Maurice, mais a obtenu 27,5%, en deuxième place après la liste du maire LR sortant Jean-Luc Moudenc, qui a fédéré 36% des suffrages. Le PS, le PCF, ainsi que Génération.s se sont rangés derrière EELV en vue du 28 juin.

"C'est comme si les chars russes allaient arriver sur l'Élysée en 1981", a ironisé sur notre antenne l'ancien candidat des Verts à la présidentielle de 2002 Noël Mamère, au sujet des accords électoraux passés entre LaREM et la droite. "Je voudrais rassurer les Français, il ne s'agit pas de chars russes, mais plutôt de vélos", a plaisanté l'ancien maire de Bègles.

Grenoble, jusque-là unique grande ville française administrée par un maire EELV, ne sera peut-être plus seule dans le paysage politique français au soir du 28 juin. Le 15 mars, le maire sortant Éric Piolle a obtenu 46% des suffrages avec sa liste composée de plusieurs forces de gauche. Un score qui laisse facilement présager une victoire finale. Qui fera tâche d'huile?

Article original publié sur BFMTV.com