Municipales : ces bastions qui pourraient changer de couleur politique

Le second tour des municipales se déroulera dans des conditions sanitaires strictes.

Choisy-le-Roi, Seclin, Givors, Saint-Denis... Le second tour des municipales pourrait marquer un changement historique dans ces communes.

Des bastions historiques vont-ils tomber le 28 juin, lors du second tour des élections municipales ? Dans plusieurs communes où le maire est affilié à un même parti depuis des dizaines d’années, la situation pourrait basculer.

  • Saint-Denis

C’est la ville emblématique de la “banlieue rouge” de Paris. Gérée par les communistes depuis la Libération, Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pourrait bien changer de couleur politique. Pas de changement radical toutefois puisque le second tour des municipales opposera le maire actuel, Laurent Ruissier (PCF) à un candidat socialiste, Mathieu Hanotin, arrivé en tête au premier tour avec 35,32% des voix, contre 24% pour le maire sortant.

Le candidat socialiste est d’autant plus favori au second tour que l’accord entre communistes et insoumis, qui ont récolté 18% au 1er tour, n’a finalement pas abouti à une liste commune.

  • Choisy-le-Roi

Autre ville emblématique de la banlieue rouge et qui pourrait changer de couleur politique, Choisy-le-Roi (Val-de-Marne). La commune, administrée par les communistes depuis 1959, pourrait virer à droite. Tonino Panetta, candidat divers droite, est arrivé en tête au premier tour avec 33,19% des voix, devant le maire sortant Didier Guillaume (29,48%).

Arrivé en troisième position, le candidat EELV Ali II Elouali (15,44%), qui a fait partie de la majorité communiste, a décidé de s’allier au candidat de la droite, Tonino Panetta. Son investiture lui a depuis été retirée par les Verts. Le second tour verra la présence de la candidate de la majorité, Nathalie Lemoine, qui a récolté 10,7% des voix.

Mais un évènement survenu dans l’entre-deux tours pourrait rebattre les cartes : la fermeture de l’usine Renault située dans la ville, qui embauchait 260 personnes.

  • Aubervilliers

Ville dirigée par la gauche depuis 1945, Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pourrait être dirigée par une maire centriste, Karine Franclet (UDI). Arrivée en tête au premier tour avec 25,69% des voix, elle a devancé Sofienne Karroumi, candidate divers gauche (19,09%) et la maire sortante, la communiste Meriem Derkaoui (17,67%).

La maire sortante est d’autant plus fragilisée que lors de l’entre-deux-tours, le dissident communiste Jean-Jacques Karman (7,43%) et le socialiste Marc Guerrien (13,08%) se sont ralliés à Sofienne Karroumi, pour faire tomber la candidate communiste. Meriem Derkaoui peut tout de même garder espoir après avoir conclu un accord avec la liste citoyenne de Zishan Butt, qui avait récolté 15,77% au premier tour.

  • Seclin

Cette ville située au sud de Lille pourrait changer d’étiquette. Bastion communiste depuis plus de 90 ans, elle pourrait échapper au PCF le 28 juin prochain. Au premier tour, le maire communiste sortant, Bernard Debreu (40,18% des voix) avait été devancé par son opposant sans étiquette, François-Xavier Cadart (40,58%), soit un écart de... 16 voix.

L’opposant a depuis reçu le soutien de Didier Serrurier, qui avait récolté 10,16% des voix au premier tour. En 2014, le second tour avait déjà opposé les deux hommes, qui n’avaient été séparés que par 146 voix.

  • Givors

Cette ville située à 25 kilomètres au sud de Lyon, fief communiste depuis 67 ans, pourrait radicalement changer d’étiquette le 28 ,juin prochain. Au premier tour, la maire communiste sortante Christiane Charnay, soutenue par le PS et les radicaux de gauche, a récolté 24,55% soit 66 voix de plus que le candidat du RN, avec 22,84%.

Également qualifiés au second tour, un ex-socialiste soutenu par EELV, Mohamed Boudjellaba (20,52%) et Laurent Decourselle (18,97%), ex-gendarme qui affirme être apolitique mais dont la permanence avait été inaugurée par le président LREM de la métropole de Lyon.

Comme le relève Le Parisien, le score des communistes aux municipales a été divisé par deux entre 2014 et 2020. La clé du second tour, comme dans de nombreuses villes, la participation. Au 1er tour, elle n’avait été que de 36,34%.

  • Nancy

Il n’y a pas que des fiefs communistes qui pourraient tomber lors du second tour des élections municipales le 18 juin. Nancy, ville administrée par la droite et le centre depuis la Libération, pourrait virer à gauche.

Au premier tour, le candidat divers gauche, soutenu par le PS et le PC, est arrivé en tête avec 37,89% des voix. Mathieu Klein a devancé le maire sortant Laurent Hénart, soutenu par LR, LREM, le Modem et l'UDI, avec 34,71%. Le candidat de la gauche a reçu, dans l’entre-deux tours, le soutien du candidat écologiste Laurent Watrin (10,24%).

  • Bron

Gérée par la gauche depuis une cinquantaine d’année, la ville de Bron, située à quelques kilomètres de Lyon, pourrait basculer à droite. Si le maire sortant Jean-Michel Longueval, socialiste soutenu par une union de la gauche, est arrivé en tête au premier tour avec 42,61% des voix, il a devancé de peu le candidat LR Jérémy Bréaud (35,51%). Surtout, ce dernier a reçu, durant l’entre-deux tours, le soutien de François-Xavier Pénicaud, candidat centriste qui avait recueilli 13,52% des voix.