Municipales au Niger: une envie de démocratie malgré la situation sécuritaire

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Au Niger, la campagne électorale en vue des municipales et régionales ont démarré mercredi 2 décembre. Près de 7,5 millions d'électeurs sont attendus aux urnes dimanche 13 décembre pour choisir leurs élus locaux. Ces premiers scrutins feront office de ballon d'essai à quelques semaines des élections générales du 27 décembre, alors que le pays est en proie à une insécurité croissante, notamment dans la région de Tillabéri, au sud-ouest du pays.

La Commission électorale nationale indépendante l'assure, les élections municipales et régionales auront lieu dans les meilleures conditions. 95% du matériel électoral a déjà été distribué et le gouvernement s'est engagé à en assurer la sécurité. Dans la région de Tillabéri, la recrudescence des violences n'a pas entravé l'élan démocratique, explique Draladoua Amada, vice-président de la Céni : « Au niveau des 45 communes de la région de Tillabéri, il y a des listes de candidatures, et la moyenne [du nombre] des listes de candidatures est d'au moins 7 à 10, donc il y a un nombre important de partis politiques et de candidats indépendants qui se présentent malgré la situation qui prévaut. »

Les élections locales sont encore un phénomène récent pour le Niger. Avant la décentralisation des années 90, le pouvoir central nommait des administrateurs délégués. Aujourd'hui, le gouvernement assure que les maires sont cruciaux pour la réussite de la décentralisation et pourtant, selon Abdou-Ouhou Dodo, président de l'Association des municipalités du Niger et maire de Tahoua, ils bénéficient encore de peu de pouvoirs, alors même qu'ils sont de plus en plus menacés par les groupes terroristes. « Vous savez, les maires n'ont pas de forces à leur disposition. Quand il y a un problème, il faut qu'ils saisissent rapidement le pouvoir central. Les maires, c'est vraiment le pouvoir de proximité. Dès qu'il y a un mouvement de mécontentement ou de guerre, c'est lui qui est le premier à recevoir les coups. »

Le 13 décembre, huit régions et 266 communes choisiront leurs élus locaux.