Maire élu à l'âge, bataille entre père et fils, perdant à 98 ans... les inédits des municipales 2020

À 98 ans, Marcel Berthomé, le plus vieux maire de France a été battu. C'est la première fois, depuis sa première élection en 1971, qu'il devait aller au second tour.

Les élections municipales sont parfois l’occasion de vivre des situations inédites. Ce fut le cas cette fois encore, notamment avec une élection qui s’est achevée... sur critère d’âge.

Le deuxième tour des municipales a vu déferler une vague verte dans plusieurs grandes villes de France, tandis que la République en marche enregistrait de nombreuses défaites. Mais outre ces tendances nationales, plusieurs situations inédites ont également eu lieu pendant ce scrutin. Petit tour d’horizon.

Élu au critère d’âge

C’est un fait rarissime, mais qui est tout de même prévu par le code électoral. À Chassieu, commune de la métropole de Lyon, trois candidats étaient qualifiés pour le second tour des municipales. Le maire sortant Jean-Jacques Selles (divers droite), Sylvaine Coponat (divers droite elle aussi), et l’écologiste Joëlle Percet.

Cette dernière n’a récolté que 15,8% des voix, mais les deux autres concurrents sont arrivés à égalité, avec 42,09% et chacun 1 285 voix ! Un tel cas de figure est prévu par le code électoral : dans les communes de plus de 1 000 habitants, c’est la liste avec la moyenne d’âge la plus élevée qui l’emporte. Jean-Jacques Selles et ses colistiers affichaient une moyenne de 59 ans, Sylvaine Coponat et les siens de 56 ans, précise La Provence. C’est donc le maire sortant qui a été réélu. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, c’est l’âge de la seule tête de liste qui détermine le gagnant.

Marcel Berthomé n’est plus le plus vieux maire

À 98 ans - il en avait 97 au moment du premier tour - Marcel Berthomé se présentait pour briguer un dixième mandat à la tête de la commune de Saint-Seurin-sur-l’Isle, en Gironde. Pour la première fois depuis son arrivée en poste, en 1971, il n’avait pas été élu dès le premier tour.

Deux autres candidats s’étaient qualifiés, tous deux des anciens adjoints, Jean-Marc Sallaberry et Éveline Lavaure-Cardona. Et c’est cette dernière qui l’a emporté, avec 33 voix d’avance sur celui qui est désormais l’ancien doyen des maires de France.

La fin d’un siècle de communisme

Cela faisait 100 ans que la commune de Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) était dirigée par des maires communistes. Ce bastion historique a basculé dans la soirée du 28 juin. Emmanuel François (sans étiquette, mais affilié divers droite), est arrivé en tête avec 40,37% des voix, devant le communiste Michel Soulas (34,81%), le candidat PS Cyrille Jeanneau (15,14%) et le candidat écologiste François Lefevre (9,67%).

Avec une victoire à 239 voix d’écart, Emmanuel François devient le premier maire non-communiste depuis 1920. Un résultat que Michel Soulas met sur le dos de l’absence d’entente entre les différentes listes de gauche, comme le rapporte La Nouvelle République.

Le fils bat le père à Hautmont

C’est une saga familiale qui dure depuis plusieurs mois. À Hautmont, dans le Nord, un père et son fils s’affrontaient pour la place de maire. Le premier, Joël Wilmotte, occupait ce siège depuis 1989 et briguait un sixième mandat. Son fils, Stéphane Wilmotte, a été très longtemps conseiller municipal aux côté de son père. Il l’a même remplacé entre 2015 et 2016 car l’édile était condamné à un an d’inéligibilité.

C’est cette période qui a, semble-t-il, cristallisé les tensions. Lorsque Joël Wilmotte a repris son siège à la mairie, Stéphane et sa femme ont quitté leur place de conseillers municipaux. Et, en 2020, père et fils se sont affrontés lors de l’élection municipale. Stéphane l’a emporté ce 28 juin avec 52,96% des voix, devant les 47,04% de son père. Selon France Bleu, la campagne entre les deux hommes avait été particulièrement tendue. Bonne ambiance.

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