Mulhouse: 300 détenus ont été transférés d'une prison vétuste à un nouveau centre pénitentiaire

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Des membres d'ERIS (Equipes régionales d'intervention et de sécurité) gardent un convoi de prisonniers arrivant de la maison d'arrêt de Mulhouse vers la nouvelle prison de Lutterbach, le 9 novembre 2021. - SEBASTIEN BOZON / AFP
Des membres d'ERIS (Equipes régionales d'intervention et de sécurité) gardent un convoi de prisonniers arrivant de la maison d'arrêt de Mulhouse vers la nouvelle prison de Lutterbach, le 9 novembre 2021. - SEBASTIEN BOZON / AFP

323 détenus de la maison d'arrêt de Mulhouse ont été transférés dans la nuit de mardi à mercredi vers le nouveau centre pénitentiaire de Lutterbach. Un trajet d'une dizaine de kilomètres qui, s'il se voulait discret et secret, a néanmoins fait l'objet d'une grande mobilisation.

Le jour et l'heure du transfert gardés secrets

Pour mener à bien cette opération délicate, 350 policiers et gendarmes et 250 membres du personnel pénitentiaire ont été mobilisés et 18 bus affrétés. Le jour et l'heure du transfert avaient été gardés secrets jusqu'à la dernière minute. Le quartier autour de la maison d'arrêt, située en centre-ville, a été bouclé en fin d'après-midi ce mardi.

Puis, les premiers bus ont passé les portes de l'ancienne prison juste avant 21 heures. A 6 heures ce mercredi matin, l'opération s'est terminée, la maison d'arrêt était vidée de tous ses détenus, détaille France Bleu Alsace.

Simulations

La construction du nouveau centre pénitentiaire de Lutterbach est achevée depuis juin, mais il a d'abord fonctionné "à blanc". De nombreuses simulations ont permis de tester le nouvel établissement. Des surveillants et des étudiants dans le domaine de la sécurité se sont ainsi glissés dans la peau de détenus.

"On a testé l'établissement à grandeur réelle, en procédant à des simulations. (...) On a simulé des mouvements collectifs, des refus de réintégration (en cellule), des prises d'otage, des tentatives d'évasion", a expliqué à l'AFP Hubert Moreau, le directeur interrégional des services pénitentiaires du Grand Est.

Surpopulation carcérale

Le nouveau centre pénitentiaire se substitue donc à la maison d'arrêt de Mulhouse, construite entre 1865 et 1870. L'imposant bâtiment était devenu vétuste avec des murs décrépis, un chauffage qui ne fonctionne pas tout le temps et un système électrique défaillant. Sa capacité théorique était de 283 places mais pouvait parfois accueillir jusqu'à 400 détenus, soit un taux d'occupation de 170%.

"On ne pouvait pas continuer d'accueillir des personnes détenues dans de telles conditions et imposer des conditions de travail aussi dégradées au personnel", a souligné Hubert Moreau.

"Quartier de confiance"

Le nouveau centre de Lutterbach fait partie d'un plan qui prévoit la création de 15.000 places de prison supplémentaires d'ici à 2027. Alors que les travaux ont commencé en 2018, il s'agit de la première prison à ouvrir sous le quinquennat d'Emmanuel Macron.

17 bâtiments, 55.000 mètres carrés, un terrain de foot... l'établissement flambant neuf pourra accueillir 520 détenus en cellules individuelles et fonctionnera grâce à plus de 300 salariés de l'administration pénitentiaire.

Cette nouvelle prison dispose également d'un "quartier de confiance", réservé aux détenus les plus respectueux, au sein duquel les règles seront moins contraignantes. Ils bénéficieront ainsi d'une plus grande autonomie et seront plus responsabilisés.

Article original publié sur BFMTV.com

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