«Mujer vertical», actrices de la paix

Libération.fr
«Mujer vertical».

Le comédien et metteur en scène Eric Massé croise récits poignants de femmes victimes du conflit armé en Colombie et textes de figures féministes, mêlant intime et universel.

Pourquoi, pour illustrer l’évolution humaine, un homme est toujours représenté en primate debout, et jamais une femme ? L’interrogation, soulevée dans un texte d’Andrée Chédid sur notre aïeule simiesque Lucy, première femme à se tenir droite, ouvre et donne son nom à Mujer vertical. Un exemplaire est posé au sol, empilé sur d’autres ouvrages d’intellectuelles françaises. Les livres forment un cercle au milieu de la scène, dans lequel cinq silhouettes noires évoluent. Parmi elles, Alejandra Borrero, star de telenovelas et militante féministe colombienne. La comédienne, engagée dans le mouvement de pacification du pays, est entourée d’anciennes membres des Farc, paramilitaires et victimes du conflit armé, qui a duré près d’un demi-siècle et fait 260 000 morts. Des femmes confrontées de près à la mort et qui comme beaucoup de Colombiens «ne connaissent rien d’autre qu’un pays en guerre». Réunies par le metteur en scène Eric Massé, qui interprète à leurs côtés Juliette, alter ego fardé et sur talons hauts, elles confrontent les récits de leurs parcours accidentés aux écrits de figures du féminisme. Avec plus ou moins de succès, les comédiennes s’approprient les textes de Virginie Despentes, Elisabeth Badinter, Simone Veil ou Catherine Millet sur les stéréotypes de genre, la sexualité ou le rapport au corps, pour créer un dialogue entre la France et la Colombie sur l’histoire de l’émancipation féminine.

Présentée notamment à Nantes l’année dernière et jouée cette semaine à la Maison des métallos (Paris, XIe), la pièce a été revue pour coller au plus près de l’actualité des droits des femmes, comme sur l’IVG, où sont évoqués la clause de conscience française ou les récents espoirs argentins déçus. Sur un triptyque d’écrans, les images de manifestations européennes ou latino-américaines se superposent (...)

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