Mstyslav Chernov et Evgeniy Maloletka racontent trois semaines dans l’enfer de Marioupol

Mstyslav Chernov, 37 ans, né à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine et Evgeniy Maloletka, 35 ans, né à Berdiansk, une ville occupée par les Russes dans le sud-est, sont tous deux photographes pour Associated Press (AP). À l'occasion du festival Visa pour l'Image, les deux grands bruns, le regard perçant et les traits tirés, racontent leurs conditions de vie et de travail, entre le 23 février et le 15 mars à Marioupol.

De notre envoyée spéciale à Perpignan,

RFI : Comment vous êtes-vous retrouvés à Marioupol alors que personne d'autre n'était sur place ?

Mstyslav Chernov : Nous travaillons en Ukraine depuis 2014, depuis le début de la guerre. Nous connaissons plutôt bien la dynamique de la ligne de front. Et cette année, nous étions en train de travailler en Ukraine depuis le mois de janvier parce qu'on savait qu'il y avait la possibilité d'une invasion. Nous sommes arrivés à Marioupol dans la nuit du 23 au 24 février, une heure avant le début de l'opération.

Evgeniy Maloletka : Depuis plusieurs jours, beaucoup de matériel passait, des engins qui allaient vers la ligne de front. Nous avions compris la situation. Mais cette nuit-là [le 23 février], il y avait un silence total. Du côté russe aussi. On a compris que la guerre arrivait.

Étiez-vous conscients d'être les deux seuls à Marioupol ?

Nous n'avions pas le temps de réfléchir à une quelconque pression ou responsabilité d'être là. Nous étions en mode survie.

Mais vous êtes restés...

Quelles ont été vos conditions de travail et de vie ?


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