MSF s'inquiète du sort de centaines de milliers de Nigérians

GENEVE (Reuters) - Des centaines de milliers de personnes sans travail et privées de toute aide humanitaire sont prises au piège dans le nord-est du Nigeria entre Boko Haram et l'armée qui y combat le groupe islamiste, estime Médecins sans Frontières (MSF).

Le directeur général de MSF Suisse, Bruno Jochum, vient d'effectuer une mission dans la région, en particulier dans l'Etat de Borno. La situation qu'il dépeint est grave.

"Des centaines de milliers de personnes aujourd'hui ne sont pas en mesure de recevoir la moindre aide humanitaire", a-t-il expliqué à Reuters.

"Ce qu'on voit, c'est une population civile qui depuis un peu plus de deux ans se trouve prise en étau entre, d'un côté, de violentes attaques du groupe Boko Haram, de l'autre des opérations de contre-insurrection très dures menées par les forces armées nigérianes."

Environ 800.000 personnes déplacées, des femmes, des enfants et des vieillards en majorité, vivent à proximité de la capitale de l'Etat de Borno, Maiduguri. Un quart d'entre elles sont dans des camps, selon MSF.

"Mais hors de la capitale, les gens sont souvent regroupés dans de petites villes, dans des camps sous supervision de l'armée nigériane", ajoute Bruno Jochum. "Mais ils ne peuvent pas bouger (...) ils ne peuvent rien planter. Ils sont coupés de tous leurs moyens de subsistance."

Depuis le début de l'insurrection lancée par Boko Haram il y a sept ans, les violences ont entraîné le déplacement de deux millions de personnes et fait 15.000 morts.

La situation sur le plan humanitaire dans l'Etat de Borno s'est un peu améliorée ces six derniers mois, avec la mise en place de programmes de distribution de nourriture, dit le représentant de MSF, mais elle demeure "très fragile".

Et des incidents comme le bombardement accidentel par l'aviation nigériane en janvier d'un camp de déplacés dans la ville de Rann ne font rien pour arranger les choses.

Ce bombardement, selon Bruno Jochum, a fait environ 150 morts et le même nombre de blessés.

(Stephanie Nebehay, Gilles Trequesser pour le service français)

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